La pratique d'incorporer les initiales des propriétaires dans les façades des bâtiments est originaire d'Europe médiévale et est arrivée en Égypte via les communautés étrangères. Elle symbolise la richesse et le statut social, avec des racines égyptiennes anciennes dans la gravure des noms des rois. Aujourd'hui, cet héritage fait face aux défis de la démolition urbaine.
La tradition d'inscrire les initiales des propriétaires de biens dans les designs des bâtiments remonte à l'Europe médiévale, où des monogrammes personnels étaient apposés sur de grands édifices comme marqueurs d'identité et de statut social. Cette approche a atteint l'Égypte par l'intermédiaire des communautés étrangères qui s'y sont installées, parallèlement à une coutume égyptienne ancienne consistant à graver les noms des pharaons dans des cartouches sur les bâtiments érigés sous leur règne.
Pendant la période du sultanat médiéval en Égypte, les dirigeants ont continué à inscrire leurs noms et titres dans des emblèmes circulaires sur les structures construites, préservant ainsi leur legs dans les éléments physiques des lieux. Aux XIXe et XXe siècles, l'habitude d'intégrer des initiales, souvent en lettres latines, s'est généralisée sur les façades ou les portes principales des palais, villas et grands bâtiments dans les villes égyptiennes. La pratique s'étendait aux bâtiments de waqf religieux ou financés par les dirigeants, comme le Musée égyptien place Tahrir.
Ces marques symbolisaient la richesse et la position sociale, aidant à maintenir l'identité des propriétaires de bâtiments pour les générations futures. Dans les quartiers populaires, les noms complets étaient écrits au lieu des initiales. Actuellement, alors que des milliers de vieux bâtiments sont démolis par leurs propriétaires ou le gouvernement pour des projets de réaménagement urbain et d'élargissement de routes, la documentation de ces signatures fait partie des efforts pour sauvegarder la mémoire historique de l'Égypte. Elles révèlent non seulement « qui possédait quoi » ou « qui a construit quoi », mais aussi « qui nous étions » à travers la manière dont les diverses classes sociales exprimaient leur identité sur les murs des bâtiments du pays.
Des exemples de ces signatures incluent les initiales d'Aziza Fahmy sur la porte de son palais à Alexandrie, celles d'Al-Sayed al-Menshawy Pasha sur son palais à Héliopolis, au Caire, celles de Botros Ghali Pasha sur un banc dans l'église Botros à Abbasseya, au Caire, celles d'Ali Bey Kamel Fahmy sur la porte de son palais à Zamalek, au Caire, celles de Fatema Haydar sur les murs de son palais à Alexandrie, celles d'Alfred Georgy Chammas sur la porte de son palais à Héliopolis, au Caire, celles de Salaheddin Faydi sur la porte de sa villa du centre-ville au Caire, celles d'Abbas Helmi II sur le Musée égyptien place Tahrir, au Caire, celles de Mohamed Bey Chennawi sur son bâtiment à Mansoura, celles d'Ilhamy Hussein Pasha — époux de la princesse Shweikar — sur la porte de son bâtiment à Garden City, au Caire, celles de Fetouh Bey Geneina sur son bâtiment à Héliopolis, celles de Charles Habib Dayrout sur son bâtiment du centre-ville au Caire, celles de Gaafar Wali Pasha sur la porte de son palais à Matareya, au Caire, plus des noms complets comme Ayoub Dous sur sa maison dans l'allée Abul Saoud Nahhas, à Gizeh, Sayed Ali Abu Zayd sur sa maison à Abdeen, au Caire, et Moussa Khidr Fayrouz sur sa maison à Harat al-Yahud.