La Commission européenne, sous Ursula von der Leyen, s'apprête à amender l'interdiction de vente de voitures thermiques neuves après 2035, en réduisant l'objectif de réduction des émissions de CO2 de 100 % à 90 %. Cette décision marque un rétropédalage sur l'ambition initiale du Green Deal de 2019, influencée par des changements politiques, géopolitiques et économiques. L'Allemagne revendique une victoire dans ce dossier.
La Commission européenne de second mandat, dirigée par Ursula von der Leyen, va enterrer l'un des symboles phares de son premier mandat : l'interdiction de vendre des voitures thermiques neuves après 2035. Officiellement, il s'agit d'un aménagement technique : la réduction de 100 % des émissions de CO2 imposée aux constructeurs automobiles devient 90 %. En réalité, cela représente un rétropédalage significatif, abandonnant l'objectif du 100 % électrique.
Cet objectif remontait au « Green Deal » de 2019, adopté dans un contexte politique dominé par les enjeux écologiques et climatiques lors des élections européennes. À l'époque, l'Union européenne cherchait un projet fédérateur autour de la transition verte, tandis que la France amplifiait ses ambitions post-convention citoyenne pour le climat. Cependant, le paysage a radicalement changé avec la pandémie de Covid-19 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie sous Vladimir Poutine, bouleversant les dynamiques géopolitiques et économiques.
L'Allemagne a joué un rôle clé dans cette révision. Manfred Weber, chef du Parti populaire européen (PPE), a proclamé la « fin des moteurs à combustion » comme relevant de « l'histoire ancienne », se félicitant d'avoir obtenu gain de cause auprès d'Ursula von der Leyen lors d'un sommet à Heidelberg avec le chancelier Friedrich Merz. Selon lui, des constructeurs comme BMW et Audi pourront continuer à produire des moteurs à essence et diesel après 2035, grâce à cette flexibilité.
L'annonce officielle interviendra ce mardi après-midi, avec Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission, et trois autres commissaires dévoilant les « flexibilités » promises. Bien que Bruxelles impose des contreparties, cette mesure reflète les pressions industrielles et politiques pour adapter la transition automobile à un contexte plus réaliste.