L'ancien président Donald Trump a annoncé qu'il prévoit de gracier l'ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné aux États-Unis pour trafic de drogue et d'armes et sentenced à 45 ans de prison. L'annonce intervient alors que Trump soutient ouvertement un candidat conservateur à l'élection présidentielle à venir au Honduras, et que l'avocat d'Hernández salue le pardon potentiel comme une étape vers la correction de ce qu'il qualifie d'injustice.
L'ancien président américain Donald Trump a déclaré qu'il avait l'intention de gracier Juan Orlando Hernández, l'ancien président du Honduras qui purge une longue peine de prison aux États-Unis pour des accusations de trafic de drogue.
S'exprimant vendredi à West Palm Beach, en Floride, Trump a dit à ses partisans qu'il prévoyait d'accorder la clémence à Hernández, qui en mars 2024 a été condamné par un tribunal fédéral américain pour avoir conspiré à importer de la cocaïne aux États-Unis et pour des infractions liées aux armes. L'ancien dirigeant hondurien a ensuite été condamné à 45 ans de prison.
Hernández, qui a servi deux mandats en tant que président de cette nation d'Amérique centrale comptant environ 10 millions d'habitants, est détenu à la Penitentiary Hazelton des États-Unis à Bruceton Mills, en Virginie-Occidentale, pendant qu'il fait appel de sa condamnation, selon NPR.
Trump a développé son raisonnement dans un post sur les réseaux sociaux, affirmant que, « selon de nombreuses personnes que je respecte beaucoup », Hernández avait été traité « de manière très dure et injuste ». NPR rapporte que l'annonce de Trump coïncide avec son soutien à Nasry « Tito » Asfura, un candidat conservateur du Parti national du Honduras, à l'élection présidentielle du pays prévue dimanche.
Asfura, ancien maire de la capitale Tegucigalpa, a fait campagne sur la résolution de problèmes d'infrastructure et de travaux publics. Il a fait face à des allégations passées de détournement de fonds, qu'il a niées.
D'autres candidats de premier plan dans la course incluent Rixi Moncada du parti au pouvoir Libre, décrite par NPR comme une ancienne responsable des finances et de la défense, et Salvador Nasralla du Parti libéral, un présentateur de télévision bien connu qui se présente pour la quatrième fois à la présidence.
Trump a présenté le vote hondurien comme un test pour l'orientation démocratique du pays, avertissant qu'une défaite d'Asfura pourrait pousser le Honduras sur une trajectoire similaire à celle du Venezuela sous le président Nicolás Maduro. Dans ses remarques, il a évoqué les actions américaines contre le gouvernement de Maduro, y compris des opérations visant des navires suspects de trafic de drogue et le déploiement d'actifs militaires supplémentaires dans les Caraïbes. Il n'a pas exclu la possibilité de futures mesures de renseignement ou militaires américaines tout en indiquant qu'il serait ouvert à des discussions avec Maduro, rapporte NPR.
L'avocat d'Hernández, Renato C. Stabile, a accueilli favorablement l'annonce de Trump. NPR le cite disant qu'une grave injustice a été corrigée et exprimant l'espoir d'un partenariat renouvelé entre les États-Unis et le Honduras, tout en remerciant Trump et en regardant vers le retour éventuel d'Hernández au pays. Une autre membre de l'équipe juridique, Sabrina Shroff, a refusé de commenter.
La présidente hondurienne sortante Xiomara Castro, une gauchiste entrée en fonction en 2022, a néanmoins maintenu des liens coopératifs avec Washington, y compris en acceptant des nationaux honduriens expulsés et en facilitant le rapatriement de migrants vénézuéliens, selon le reportage de NPR.
Le président argentin Javier Milei s'est également prononcé sur la course hondurienne. Dans un post sur X, il a exprimé son soutien à Asfura, le décrivant comme le candidat qui représente le mieux l'opposition aux forces de gauche que Milei blâme pour les problèmes politiques et économiques du pays.