Au printemps 1937, les journalistes américaines Virginia Cowles et Martha Gellhorn arrivent à Madrid au milieu du siège de la guerre civile espagnole par les forces de Francisco Franco. Elles relatent la résistance de la ville, les privations quotidiennes et l’afflux de correspondants étrangers lors du cinquième mois du bombardement. Leurs expériences mettent en lumière les défis et les ambitions des femmes couvrant le conflit entre fascisme et démocratie.
Madrid en mars et avril 1937 est une ville assiégée, encerclée sur trois côtés par l’armée de Francisco Franco, mais ses défenseurs républicains viennent de remporter deux batailles clés, changeant l’humeur d’une fatalité imminente à un optimisme prudent. Virginia Cowles, connue sous le nom de Ginny, et Martha Gellhorn entrent dans cet environnement tendu pour couvrir la guerre opposant les alliés fascistes de Franco — les avions d’Hitler et les chars de Mussolini — à la République espagnole démocratiquement élue, soutenue par des armes soviétiques et les Brigades internationales comptant 40 000 volontaires de 50 pays, dont les États-Unis. nnGellhorn arrive fin mars, ayant traversé seule les Pyrénées et fait du stop avec des soldats. Cowles la suit peu après. Les deux femmes observent la pénurie de nourriture, avec des files d’attente devant des magasins presque vides, et la routine des bombardements qui dispersent les foules mais n’arrêtent pas la vie quotidienne. Sur la Gran Vía, le boulevard principal, elles regardent les vitrines de luxes inabordables comme des fourrures de renard argenté et le parfum Schiaparelli tout en évitant les trous d’obus et les cratères. Les tramways passent en bringuebalant devant les affiches de cinéma annonçant Greta Garbo dans Anna Karenina et des comédies des Marx Brothers, un rappel de normalité au milieu du chaos. nnUn obus frappe bientôt la Tour Telefónica, le plus haut bâtiment d’Europe à l’époque, tuant cinq femmes sur le boulevard. Les journalistes envoient leurs rapports de là via des lignes vers Londres et Paris, scrutés par des censeurs à la recherche de mentions d’armes soviétiques violant les traités. Cowles, écrivant pour les magazines conservateurs de Hearst, vise à couvrir les deux camps, une démarche rare et risquée dans une guerre remplie d’espions et de factions. Elle a déjà couvert le front à Morata de Tajuña, découvrant que la moitié des 300 jeunes Américains combattant là-bas avaient été tués. nnGellhorn, fervente partisane républicaine comme Ernest Hemingway et d’autres dans la presse étrangère, finance son voyage avec un article de Vogue sur les problèmes de beauté. Sans assignment ferme, elle prend des notes dans les hôpitaux et les prisons au Hotel Florida. Les deux femmes se lient lors de visites en salon et de planifications de visites à des généraux et sites civils, naviguant les ragots parmi les correspondants qui 's’observent comme des corbeaux'. Cowles note que l’impression initiale de 'strange carnaval' de Madrid s’estompe avec l’habitude, tandis que Gellhorn note dans son journal l’ennui croissant et l’agitation personnelle. nnLeur présence s’ajoute à une vague de journalistes, dont Antoine de Saint-Exupéry et l’acteur Errol Flynn, attirés par le choc des grandes puissances. Des reporters femmes comme Dorothy Thompson et Anne O’Hare McCormick ont ouvert la voie, bien que les armées restreignent l’accès aux fronts, orientant la couverture vers les impacts civils.