La Cour suprême des États-Unis a rejeté préliminairement la tentative du président Donald Trump de déployer des troupes de la Garde nationale à Chicago pour soutenir les opérations d’immigration. Cette décision constitue un revers important pour l’administration républicaine, qui cherchait à utiliser des forces militaires dans des villes dirigées par des démocrates. Les juges ont cité des restrictions légales comme la loi Posse Comitatus pour refuser la demande.
La Cour suprême des États-Unis a rendu une décision mardi qui bloque temporairement le déploiement de la Garde nationale à Chicago, ordonné par le président Donald Trump début octobre. Le président avait requis des centaines de troupes de l’Illinois et du Texas pour protéger le personnel et les installations du service Immigration and Customs Enforcement (ICE) et de la Border Patrol lors d’une opération visant des migrants dans la ville, qui a suscité des protestations locales.
La Cour a rejeté la demande d’urgence du ministère de la Justice de renverser une décision antérieure d’un juge de district fédéral. « À ce stade préliminaire, le Gouvernement n’a pas identifié une source d’autorité permettant aux forces armées d’exécuter les lois dans l’Illinois », ont déclaré les juges. Ils ont référencé la loi Posse Comitatus de 1878, qui interdit l’utilisation de troupes fédérales pour des tâches d’application de la loi sauf dans des cas spécifiques.
Trump a invoqué une exception pour fédéraliser la Garde nationale lorsque les forces régulières ne peuvent faire respecter les lois fédérales sur l’immigration. Cependant, la Cour suprême a statué que son applicabilité n’avait pas été démontrée, en interprétant « forces régulières » comme se rapportant à l’armée des États-Unis. La décision a divisé les six juges conservateurs, trois dans la majorité et trois en dissidence, rejoints par les trois juges libéraux.
Le juge Samuel Alito a exprimé sa dissidence : « Je désapprouve fortement la manière dont la cour a résolu cette demande. Il n’existe aucune base pour rejeter la détermination du président selon laquelle il était incapable d’exécuter les lois fédérales sur l’immigration en utilisant les ressources de police civile à sa disposition ».
Cette décision fait suite à des tentatives similaires de Trump dans d’autres villes dirigées par des démocrates, comme Los Angeles, Portland — où elle a été bloquée de façon permanente en novembre —, Memphis, et Washington D.C., où deux soldats ont été attaqués en novembre, entraînant un décès. Cette décision pourrait renforcer les recours juridiques contre les déploiements dans d’autres villes, limitant l’autorité présidentielle dans ce domaine.