Alors que l'impatience grandit à l'approche du Met Gala 2026, un article de Vogue met en avant des artistes ayant intégré de manière innovante leur corps à leurs œuvres. Ce dossier accompagne l'exposition « Costume Art » du Costume Institute, qui explore la mode en tant que forme d'art incarnée au sein de la collection du Metropolitan Museum of Art. Il dresse le portrait de performeurs et de créateurs, des années 1970 à nos jours, dont les travaux invitent à une réflexion sur l'incarnation.
Le prochain Met Gala, axé sur l'art et le corps, coïncide avec l'exposition printanière du Costume Institute intitulée « Costume Art ». Cette rétrospective instaure un dialogue entre la mode et d'autres œuvres de la collection du Met, invitant à découvrir des artistes centrés sur le corps. Publié en amont de l'événement, l'article de Vogue passe en revue des figures ayant redéfini l'incarnation à travers des performances audacieuses et des autoportraits. Marina Abramović est restée assise en silence pendant 736 heures lors de son exposition au MoMA en 2010, « The Artist Is Present », croisant le regard des visiteurs. Chris Burden a orchestré des performances périlleuses, comme « Shoot » en 1971, où il s'est fait tirer une balle dans le bras, et « B.C. Mexico » en 1973, survivant 11 jours sans nourriture sur une plage de Basse-Californie. David Hammons a créé sa série « Body Prints » à la fin des années 1960 en enduisant son corps de graisse et en le pressant contre du papier recouvert de pigments. Frida Kahlo a dépeint ses douleurs dorsales dans « La colonne brisée » en 1944, son corps percé de clous et maintenu par un corset, tel que décrit par Margaret A. Lindauer. La série « Silueta » d'Ana Mendieta sculptait la terre avec des fleurs et du feu ; sa mort en 1985, après une chute depuis une fenêtre de Greenwich Village, suscite encore des protestations scandant « ¿Dónde está Ana Mendieta? ». « Cut Piece » de Yoko Ono, en 1964, permettait au public de découper ses vêtements, explorant ainsi les dynamiques de pouvoir. Le « Self-Portrait/Cutting » de 1993 de Catherine Opie montrait des personnages gravés dans son dos, tandis que son « Self-Portrait/Nursing » de 2004 arborait le mot « Pervert » sur sa poitrine. Gina Pane s'est allongée au-dessus de bougies lors de sa performance « The Conditioning » en 1973, plus tard recréée par Abramović. Carolee Schneemann a extrait un rouleau de son propre corps lors de la performance « Interior Scroll » en 1975. Laurie Simmons a photographié sa propre nudité, comme l'a évoqué sa fille Lena Dunham dans ses mémoires de 2014. Le « Post Porn Modernist Show » d'Annie Sprinkle, entre 1989 et 1996, visait à discuter ouvertement de la sexualité, l'artiste déclarant : « Mon objectif est de porter ce qui est caché au grand jour afin que les gens puissent le regarder et en discuter. » Le « Body Index » de Carmen Winant compile diverses empreintes corporelles, proposant une réflexion sur le genre et la surveillance.