La représentante démocrate de Floride, Sheila Cherfilus-McCormick, a démissionné du Congrès mardi, quelques heures avant que le Comité d'éthique de la Chambre ne soit prêt à recommander des sanctions ou à examiner son expulsion en raison de 25 violations éthiques. Elle fait face à des accusations fédérales alléguant qu'elle et son frère ont détourné 5 millions de dollars de fonds d'aide aux sinistrés liés au COVID-19 au profit de sa campagne, un stratagème qu'elle conteste. Son départ immédiat marque la troisième démission à la Chambre ce mois-ci dans un contexte de scandales, après celles des représentants Eric Swalwell (Démocrate-Californie) et Tony Gonzales (Républicain-Texas).
Cherfilus-McCormick a démissionné alors qu'une enquête du Comité d'éthique de la Chambre avait confirmé plus de deux douzaines de violations, notamment des infractions au financement de campagne. En novembre 2025, les procureurs fédéraux ont accusé la députée et son frère d'avoir détourné 5 millions de dollars de fonds fédéraux destinés aux catastrophes—des trop-perçus de vaccinations contre le COVID-19 versés à leur entreprise de santé—pour financer sa candidature au Congrès en 2021. Un juge fédéral de Miami a reporté son procès à février 2027 pour examen des preuves, mais le comité a poursuivi ses travaux, rejetant la demande de report formulée par son nouvel avocat. Dans sa déclaration, elle a qualifié le processus de « chasse aux sorcières », déclarant : « Ce n'était pas un processus équitable... En allant de l'avant avec cette procédure alors qu'une mise en examen pénale est en cours, le Comité m'a empêchée de me défendre. Nous devrions être très prudents quant au précédent que nous créons. Dans ce pays, nous ne punissons pas les gens avant que la procédure régulière ne soit terminée. »
Sam Gringlas, de NPR, a noté qu'il s'agit de la troisième démission ce mois-ci, après celles de Swalwell—qui a nié les allégations d'agression mais s'est excusé auprès de sa famille—et de Gonzales, qui a admis une liaison avec une collaboratrice avant le suicide de celle-ci. Le représentant Cory Mills (Républicain-Floride) fait l'objet d'un examen éthique pour inconduite sexuelle, violence conjugale et problèmes de financement de campagne, insistant sur le fait qu'il n'a rien fait de mal.
Ces cas signalent une pression rare en faveur des expulsions, historiquement concentrée à l'époque de la guerre de Sécession. Les législateurs respectent généralement les choix des électeurs, mais les membres en difficulté démissionnent souvent préventivement. L'ancien président de la commission d'éthique, Charlie Dent, a blâmé une diminution de la honte politique, comparant cela aux tactiques de l'ère Trump. Des membres de la base ont menacé de provoquer des votes d'expulsion forcée face à la lenteur des enquêtes, une situation amplifiée par les réseaux sociaux. Matthew Glassman, de l'université de Georgetown, a souligné que les scandales renforcent la perception publique de l'impunité au sein du Congrès. Le Comité d'éthique a réaffirmé son engagement envers la responsabilité dans une lettre récente, bien que les faibles marges à la Chambre (218 Républicains contre 213 Démocrates, avec désormais quatre postes vacants donnant au GOP une avance de deux voix) compliquent toute action. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, convoquera une élection spéciale pour son district profondément démocrate de Fort Lauderdale.