Le ministère de l'Éducation nationale prévoit une baisse de 1,7 million d'élèves dans les écoles, collèges et lycées publics ou privés sous contrat d'ici 2035, soit une chute de 14,2 % par rapport à 2025. Le ministre Édouard Geffray qualifie ce phénomène de «vague sismique» nécessitant une révision de l'offre scolaire à long terme. Les projections s'appuient sur des hypothèses de fécondité en baisse.
Le service statistique du ministère de l'Éducation nationale a publié mardi des projections indiquant une diminution de 1 676 800 élèves d'ici 2035, dont 933 000 dans le premier degré (-15,2 %) et 743 800 dans le second degré (-13,2 %). «Ces projections suivent une baisse déjà entamée qui va devenir massive», a déclaré Édouard Geffray dans Le Parisien, soulignant l'impact sur l'ensemble du système éducatif.
Les chiffres reposent sur un scénario intermédiaire de fécondité atteignant 1,5 enfant par femme en 2030. Les effectifs passeront de 6 149 400 à 5 216 400 élèves en primaire et de 5 619 700 à 4 875 900 en secondaire. Cette tendance s'inscrit dans une baisse des naissances depuis 2010 et des effectifs depuis 2016 en primaire.
Les disparités territoriales sont marquées : -29,3 % en primaire à Paris, +6,2 % en secondaire à Mayotte. Le ministre envisage des ajustements, comme des regroupements intercommunaux en zones rurales et un réexamen du maillage urbain, sans fermeture d'école l'an prochain sans accord du maire.
Les syndicats s'opposent aux suppressions de postes. Sophie Vénétitay du Snes-FSU met en garde contre un «suivi aveugle de la boussole démographique», tandis qu'Aurélie Gagnier du SNUipp-FSU plaide pour baisser les effectifs par classe. Quatre mille postes seront supprimés à la rentrée 2026 ; une réunion est prévue le 21 avril.