Une équipe d'astronomes au Japon a découvert des preuves de l'existence d'une atmosphère ténue entourant le petit objet transneptunien 2002 XV93. Jusqu'à présent, seul Pluton était connu pour conserver une atmosphère parmi les corps situés au-delà de Neptune en raison de sa plus forte gravité. Cette découverte, réalisée lors d'une occultation stellaire rare le 10 janvier 2024 et publiée dans Nature Astronomy, indique une atmosphère de courte durée nécessitant un renouvellement continu.
Des astronomes dirigés par Ko Arimatsu à l'observatoire astronomique NAOJ Ishigakijima ont observé le 10 janvier 2024 l'objet transneptunien 2002 XV93, d'environ 500 km de diamètre, passer devant une étoile en arrière-plan. Observé depuis plusieurs endroits au Japon, l'événement a produit un assombrissement progressif de la lumière stellaire, cohérent avec une réfraction à travers une fine couche de gaz.
Cette occultation stellaire a révélé une atmosphère inattendue sur un objet beaucoup plus petit que Pluton (2 377 km de diamètre), dont la fine atmosphère était déjà confirmée. Parmi les milliers d'objets transneptuniens glacés au-delà de l'orbite de Neptune, les basses températures et la faible gravité empêchent généralement la rétention de gaz.
La recherche, publiée dans Nature Astronomy et rapportée par The Japan Times le 5 mai 2026, suggère que l'atmosphère se dissiperait en moins de 1 000 ans sans renouvellement, ce qui implique une formation ou un renouveau récent. Les données du télescope spatial James Webb ne montrent aucun gaz gelé en surface susceptible de se sublimer, amenant les scientifiques à envisager d'autres hypothèses comme l'exposition de matériaux internes ou des impacts de comètes.
D'autres observations sont nécessaires pour déterminer la composition et l'origine de cette atmosphère. L'équipe comprend Fumi Yoshida, Tsutomu Hayamizu, Satoshi Takita, Katsumasa Hosoi, Takafumi Ootsubo et Jun-ichi Watanabe.
Cette découverte élargit la compréhension des objets transneptuniens, suggérant que de petits corps lointains pourraient conserver une atmosphère plus fréquemment qu'on ne le pensait auparavant.