Les résidents de Middelburg, dans le Cap-Oriental d'Afrique du Sud, ont interrompu la circulation sur les principales routes nationales pour protester contre une crise prolongée de l'eau qui a laissé les communautés sans approvisionnement fiable depuis des années. L'action du 4 février a perturbé le transport de marchandises et a mis en lumière l'échec de la municipalité à aborder adéquatement le problème. Des responsables locaux et des enquêteurs sur les droits humains ont documenté les graves répercussions sur la vie quotidienne.
À Middelburg, petite ville de la région du Karoo dans le Cap-Oriental, la frustration face à une pénurie persistante d'eau a explosé le 4 février 2026, lorsque les résidents ont bloqué les autoroutes N9 et N10. La manifestation a paralysé le fret routier, avec des camions immobilisés sur plus d'un kilomètre dans les deux directions. Des dizaines de véhicules ont été arrêtés, et plusieurs commerces locaux ont dû fermer en raison de la perturbation. Le conseiller du quartier 7 Richard Jacobus, du township Midros affecté, a décrit la situation critique : « Si nous avons de la chance, nous avons de l'eau certaines nuits. Alors nous essayons de faire nos corvées et de stocker de l'eau dans notre baignoire pour le lendemain. Mais beaucoup de nos voisins ici n'ont pas cette chance. » Des zones comme Midros, Lusaka, Rosmead, Conway, Schoombee et Kwanonzame subissent des coupures depuis environ 2021, affectant près de 18 000 personnes. Le blocus a coïncidé avec la remise d'une pétition signée par des centaines de personnes, exigeant des solutions pour l'approvisionnement défaillant. La municipalité du district de Chris Hani s'appuie sur des camions-citernes itinérants, mais ceux-ci sont irréguliers. Une enquête de 2025 de la Commission des droits humains (HRC) a révélé que certains ménages le long de routes comme Fillis, Marais, Botha et Long n'ont pas eu d'eau du robinet depuis près de cinq ans. La HRC a noté des flux intermittents la nuit dans le quartier 7 et observé des résidents, y compris des personnes âgées et des enfants, transportant de lourds récipients depuis des sources éloignées, compromettant leur dignité et leur sécurité. La crise touche aussi les services publics : l'école secondaire Middelland, qui accueille plus de 1 000 élèves et 50 membres du personnel avec une capacité d'internat pour 200, fait face à des interruptions, de même qu'une clinique locale. Notamment, en 2024, les approvisionnements ont été ininterrompus dans les zones basses et hautes pendant une période, suggérant que l'infrastructure peut fonctionner dans de bonnes conditions. Le conseiller du quartier 9 Handri Vorster a souligné que si certains résidents de la ville disposent de citernes d'eau de pluie, les chaleurs extrêmes au-dessus de 40 °C rendent les réserves essentielles mais insuffisantes. Le rapport de la HRC, soumis par la responsable provinciale Dr. Eileen Carter, a exhorté la municipalité à répondre d'ici le 20 février 2026 avec des plans immédiats et à long terme. La porte-parole Nangamso Ngceke a confirmé que la maire Lusanda Sizani rencontrerait les résidents le 10 février pour discuter des solutions.