L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a modifié la sanction contre une infirmière qui portait un calot chirurgical en toutes circonstances, la suspendant pour huit mois après un jugement en référé. Le tribunal avait jugé disproportionné son licenciement initial, ordonnant sa réintégration. Selon son avocat, elle n'a jamais invoqué de motif religieux.
Madjouline B., infirmière à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris depuis 2018, a été licenciée le 10 novembre 2025 pour avoir porté quotidiennement un calot chirurgical, un équipement normalement réservé au bloc opératoire ou en réanimation. La direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) lui reprochait ce port répété et son refus de l'ôter en toutes circonstances.
Saisie en référé, l'infirmière a obtenu début janvier une décision du tribunal administratif de Paris suspendant son licenciement. Le juge des référés a reconnu une faute justifiant une sanction disciplinaire, mais a estimé la révocation disproportionnée par rapport à la faute. Il a ordonné sa réintégration dans ses fonctions dans un délai d'un mois. L'AP-HP avait alors annoncé qu'elle adapterait sa décision pour en garantir la proportionnalité.
Malgré cela, Madjouline B. n'a pas été réintégrée et a reçu début de semaine un courrier l'informant d'une suspension de huit mois, pour port répété d'un couvre-chef et refus de le retirer. Cette mesure a été révélée par Mediapart et confirmée par une porte-parole de l'AP-HP à l'AFP : « Le jugement en référé avait reconnu la faute mais avait estimé la sanction disproportionnée, elle a été modifiée ».
Blandine Chauvel, élue du personnel chez Sud Santé, a dénoncé cette sanction. L'avocat de l'infirmière, Me Lionel Crusoé, a déploré : « Le juge des référés avait ordonné la réintégration de ma cliente, l'AP-HP ne l'a jamais fait et a prononcé une nouvelle exclusion ». Selon lui, Madjouline B. n'a jamais revendiqué d'appartenance religieuse, considérant le port du calot comme relevant de « sa vie privée ».