Le président Cyril Ramaphosa a annoncé un Comité national de crise de l'eau pour faire face aux problèmes d'eau croissants en Afrique du Sud, s'engageant à investir R156 milliards dans les infrastructures sur trois ans. Cette mesure met en lumière les échecs institutionnels plutôt que la simple pénurie comme problème central. Les experts soulignent que le succès dépend des réformes de gouvernance et de la reddition de comptes.
Dans son discours sur l'état de la nation de 2026, le président Cyril Ramaphosa a élevé la sécurité hydrique au rang de priorité nationale majeure en établissant le Comité national de crise de l'eau, qu'il présidera. Cette initiative intervient au milieu d'une frustration généralisée face à l'accès irrégulier à l'eau dans des régions allant de Johannesburg à Knysna et Giyani, un droit garanti par la Constitution. nnLe comité vise à aborder ce que Ramaphosa a qualifié de défi central : acheminer l'eau aux robinets malgré la pénurie sud-africaine. L'annonce comprend un engagement de R156 milliards sur trois ans pour les infrastructures d'eau et d'assainissement, accompagné de mesures de responsabilité et de réformes législatives. nnCependant, la crise provient de faiblesses institutionnelles, y compris des pertes élevées d'eau non facturée. Le rapport du Trésor national pour 2023/24 indique une perte moyenne de 35 % dans huit municipalités métropolitaines, totalisant R8,66 milliards, Ethekwini enregistrant 53,8 % et Mangaung 49 %. Johannesburg perd plus de 40 % de son eau traitée par fuites. Le réseau de 3 300 kilomètres de Rand Water inclut des pipelines datant de 1907, desservant le Gauteng et des parties des provinces voisines. nnLa dette municipale exacerbe les problèmes, les organismes de gestion de l'eau se voyant devoir R28 milliards, ce qui entraîne un report des entretiens. En établissant un parallèle avec le Comité national de crise énergétique de 2022, qui a amélioré le facteur de disponibilité énergétique d'Eskom de 56 % à 65 %, la réponse à la crise de l'eau nécessite une coordination similaire, adaptée aux services décentralisés gérés par 144 autorités responsables de l'eau. nnLe Dr Anthony Kaziboni, chercheur principal à l'Université de Johannesburg, avertit que le financement seul est insuffisant sans garanties. Il insiste sur la nécessité d'un comité multipartite incluant des experts techniques, la société civile et les communautés pour assurer une surveillance transparente et remédier aux inégalités dans la prestation des services, ancrées dans des disparités historiques. nnDes projets passés comme le Giyani Bulk Water Project illustrent les risques d'échecs dans les marchés publics. Pour un impact durable, le comité doit prioriser le renforcement des capacités municipales et l'entretien courant plutôt que les seules annonces.