Le Bangsamoro Darul Ifta a statué que contraindre une survivante de viol à épouser son agresseur est interdit par la loi charia. La fatwa, émise le 26 février, insiste sur la nécessité d'un consentement authentique et de compassion envers les survivantes. La Commission des femmes du Bangsamoro a salué cette décision historique.
Le Bangsamoro Darul Ifta (BDI) a émis une fatwa le 26 février déclarant que contraindre une survivante de viol à épouser son agresseur n'est pas permis par la charia islamique. Selon un communiqué de presse du Bureau d'information du Bangsamoro du 31 mars, le mariage exige un consentement authentique que la coercition ou la violence ne peuvent supplanter. Le BDI a qualifié le viol de l'un des crimes les plus odieux, soulignant que la charia est conçue pour protéger l'honneur et imposer des punitions strictes aux contrevenants tout en exonérant les survivantes de toute responsabilité. Les victimes méritent protection, soutien et compassion. Un agresseur peut verser une restitution financière équivalente à une dot pour reconnaître le préjudice causé, mais cela n'implique aucune obligation de mariage. Cette position contraste avec l'article 344 du Code pénal révisé, qui éteint la responsabilité pénale pour les crimes contre la pudeur, y compris le viol, si la femme offensée épouse l'agresseur. Cependant, la fatwa du BDI demeure un avis non contraignant pour les tribunaux de la charia. La Commission des femmes du Bangsamoro a salué la décision, déclarant par l'intermédiaire du BIO : « La BWC exprime sa plus profonde gratitude... au BDI pour avoir émis une fatwa historique affirmant qu'aucune femme ne peut être forcée d'épouser son violeur. » Cette décision intervient alors que la Région autonome Bangsamoro en Mindanao musulmane célèbre le Mois national de la femme.