Des analyses génétiques préliminaires indiquent que le virus de la peste porcine africaine ayant tué 29 sangliers sauvages à Barcelone ne provient pas du laboratoire de la Generalitat à proximité. Les scientifiques ont comparé l’ADN et trouvé des mutations suggérant des années d’évolution séparée. Cependant, les résultats ne sont pas concluants, d’autres tests étant en attente.
L’équipe scientifique dirigée par Toni Gabaldón, de l’Institut de recherche biomédicale de Barcelone, a présenté mardi un rapport préliminaire comparant l’ADN du virus trouvé chez les sangliers sauvages avec des échantillons du Centre de recherche en santé animale (CReSA), à Bellaterra. Les résultats montrent que le pathogène chez les animaux présente un grand nombre de mutations par rapport à ceux du laboratoire, ce qui ne cadre pas avec une fuite récente. « Il s’agit de souches du même virus, mais apparemment séparées par des années d’évolution, et non des jours », ont expliqué les scientifiques.
La première carcasse de sanglier sauvage infecté a été découverte le 25 novembre, à seulement quelques centaines de mètres du CReSA, qui expérimentait avec le virus pour développer un vaccin. Le ministère de l’Agriculture a évoqué une possible fuite le 5 décembre, ce qui a conduit à une perquisition dans le laboratoire par les Mossos d’Esquadra et la Garde civile le 18 décembre. Le virus appartient à un nouveau groupe génétique, jusqu’alors inconnu, similaire à la souche géorgienne de 2007 mais présentant des différences notables.
Le conseiller à l’Agriculture, Òscar Ordeig, a appelé à la « prudence » lors d’une conférence de presse et a mis en lumière l’impact potentiel sur le secteur agroalimentaire catalan, même si 80 % des pays ont accepté la régionalisation des exportations. Le vétérinaire Christian Gortázar, de l’Institut de recherche sur les ressources cynégétiques, a averti que toutes les hypothèses demeurent ouvertes : « La seule chose que nous savons est que le virus ne correspond pas aux 19 échantillons du CReSA. L’écarter à 100 % est presque aussi difficile que de le confirmer. »
Le CReSA, en construction depuis septembre, a passé un audit externe confirmant son aptitude à manipuler des pathogènes. Dix-neuf échantillons de laboratoire ont été analysés, deux restant en attente. L’épidémie a été contenue à 29 sangliers sauvages, sans affecter les exploitations porcines.