Dans un avis publié mercredi et rédigé par le juge associé Todd Eddins, la Cour suprême d'Hawaï a annulé les condamnations de Daniel R. Granillo, prononcées à Maui en 1990 pour des faits liés à une agression sexuelle, après avoir conclu que des témoignages désormais discrédités du FBI sur des analyses de cheveux et de fibres avaient contribué à fonder le verdict.
Dans l'affaire Granillo c. État (n° SCWC-22-0000740), la Cour suprême d'Hawaï a annulé les condamnations vieilles de plusieurs décennies de Daniel R. Granillo pour enlèvement et agressions sexuelles découlant d'une attaque survenue en mai 1989, ordonnant la tenue d'un nouveau procès.
La Cour a conclu que le procès de Granillo avait été entaché par le témoignage expert d'un agent du FBI concernant des comparaisons microscopiques de cheveux et des analyses de fibres, des méthodes dont les allégations présentées devant les tribunaux ont depuis été largement remises en question. Lors du procès de 1990, l'agent spécial du FBI Wayne Oakes avait témoigné que des cheveux retrouvés dans la voiture de Granillo appartenaient à la victime et que des fibres provenant des vêtements de cette dernière correspondaient à des matériaux trouvés dans le véhicule de Granillo, selon un rapport du Courthouse News Service.
S'exprimant au nom de la Cour, le juge Eddins a présenté cette décision comme relevant du droit constitutionnel à une procédure régulière (due process), soulignant que le préjudice constitutionnel survient lorsqu'une condamnation est obtenue à l'aide de preuves matériellement fausses, même si personne ne savait à l'époque que la science serait ultérieurement remise en question. L'avis rejette également l'approche du tribunal de première instance, qui considérait l'erreur comme anodine, pour se concentrer sur la question de savoir si le faux témoignage aurait pu influencer le verdict du jury.
La décision d'Eddins inclut une critique plus large de l'orientation constitutionnelle moderne de la Cour suprême des États-Unis et exhorte les tribunaux d'Hawaï à interpréter la constitution de l'État de manière indépendante, plutôt que de considérer la doctrine fédérale comme déterminante dans les affaires constitutionnelles de l'État.
Le Courthouse News Service a rapporté que deux membres de la Cour ont convenu que Granillo devrait bénéficier d'un nouveau procès, mais ont divergé sur le cadre juridique permettant d'évaluer l'impact du témoignage médico-légal erroné.
Cette décision s'ajoute à un nombre croissant de décisions de tribunaux d'État réexaminant d'anciennes condamnations fondées sur des techniques médico-légales autrefois présentées aux jurys comme hautement fiables, mais qui se sont révélées par la suite scientifiquement limitées ou exagérées.