La Cour suprême a rendu mardi soir une ordonnance non signée par 6 voix contre 3, autorisant l'Alabama à mettre en œuvre une carte des circonscriptions électorales qui supprime un district détenu par un démocrate noir. Cette décision applique et étend le récent arrêt de la Cour dans l'affaire Louisiana v. Callais. La juge Sonia Sotomayor a exprimé son désaccord, rejointe par les juges Elena Kagan et Ketanji Brown Jackson.
L'ordonnance met fin aux efforts des juridictions inférieures pour bloquer la carte, qu'une cour de district composée de trois juges avait jugée discriminatoire envers les électeurs noirs, en violation du 14e amendement. L'Alabama peut désormais procéder avec cette carte pour ses prochaines élections de mi-mandat, malgré les primaires en cours. Dans sa dissidence de 14 pages, Sotomayor a écrit que cette intervention ignore les valeurs démocratiques et l'État de droit. Elle a souligné que la décision intègre des normes issues de l'affaire Callais aux revendications constitutionnelles et récompense le défi de l'État face aux ordres judiciaires antérieurs. La décision crée une incertitude quant à l'organisation des élections, imposant une réaffectation rapide des électeurs en Alabama. Elle fait suite à des années de contentieux sur les plans de redécoupage électoral de l'État.