Tennis Australia a conclu un règlement confidentiel avec la Professional Tennis Players’ Association dans un procès antitrust en cours. L’accord, révélé dans des documents judiciaires à New York, implique la coopération de Tennis Australia contre d’autres instances dirigeantes du tennis. Ce développement coïncide avec l’Open d’Australie, soulignant les tensions dans la gouvernance du tennis professionnel.
La Professional Tennis Players’ Association (PTPA) a intenté l’année dernière une action en justice antitrust contre l’ATP Tour, le WTA Tour, la Fédération internationale de tennis (ITF) et les quatre tournois du Grand Chelem. La plainte allègue des efforts coordonnés pour supprimer les prix, restreindre les classements des joueurs et limiter les libertés commerciales et promotionnelles des joueurs. Tennis Australia, initialement visée dans l’affaire, a été retirée le mois dernier suite à un règlement confidentiel. Des documents judiciaires publiés à New York samedi détaillent les termes de l’accord. Tennis Australia s’est engagée à coopérer avec la PTPA en partageant des informations sensibles sur les finances des tournois, les structures de prix, les droits de nom, image et likeness (NIL) des joueurs, les opportunités de sponsoring, les calendriers, les systèmes de classement et les règles de participation. En échange, Tennis Australia obtient l’immunité contre d’éventuels dommages financiers estimés à des dizaines de millions. La divulgation a eu lieu pendant le week-end d’ouverture de l’Open d’Australie, intensifiant l’examen des dynamiques de pouvoir dans le tennis. Une source WTA a qualifié le timing de provocateur, potentiellement escaladant les différends entre joueurs et autorités. La PTPA vise des réformes structurelles, incluant des prix plus élevés, une plus grande implication des joueurs dans les calendriers et une plus grande autonomie commerciale. Le syndicat voit dans ce règlement une stratégie pour pousser les autres défendeurs à négocier. Ajoutant à la tension, la PTPA a publié un communiqué avant la conférence de presse pré-tournoi de Novak Djokovic à Melbourne. Djokovic, cofondateur de la PTPA en 2020 avec Vasek Pospisil, s’est distancié de l’organisation le mois dernier mais a réaffirmé son soutien à ses objectifs d’un organe représentatif indépendant des joueurs. La PTPA accuse les instances dirigeantes de maintenir un système anticompetitif qui limite les revenus, impose des calendriers épuisants, restreint les sponsors et entrave l’innovation. Elle déclare disposer de fonds complets pour mener l’affaire à son terme. L’ATP et la WTA ont rejeté les allégations comme infondées, citant des hausses récentes des prix, comme une augmentation de 16 % à cet Open d’Australie, et des discussions en cours sur la représentation des joueurs dans les décisions. Alors que les procédures judiciaires se poursuivent, le règlement met en lumière les fractures dans la gouvernance du tennis, les joueurs contestant l’équilibre des pouvoirs entre athlètes et institutions.