L'administration Trump a révisé les directives internes de sécurité et de sûreté nucléaire du Département de l'Énergie (DOE) qui régissent un parcours géré par le DOE pour les projets de réacteurs avancés, y compris un programme pilote visant à amener au moins trois réacteurs à « criticité » d'ici le 4 juillet 2026. NPR rapporte que les directives mises à jour n'ont pas été publiées publiquement au moment de son examen et ont été partagées avec les entreprises participant au programme, suscitant des critiques d'anciens régulateurs et de défenseurs de la sécurité même si le DOE affirme réduire les charges inutiles sans affaiblir la sécurité.
Des ordres exécutifs signés par le président Donald Trump le 23 mai 2025 ont dirigé le Département de l'Énergie à créer un programme pilote pour approuver au moins trois réacteurs avec un objectif déclaré d'atteindre la criticité d'ici le 4 juillet 2026, et à assigner des équipes de soutien aux demandeurs. NPR a rapporté que, au cours des mois suivants, le DOE a révisé plus d'une douzaine d'« ordres » internes fixant les exigences pour les opérations des réacteurs, y compris les systèmes de sécurité, les protections environnementales, la sécurité des sites et les enquêtes sur les accidents. Selon l'analyse de NPR, les nouvelles versions ont supprimé plus de 750 pages par rapport aux itérations précédentes, réduisant les documents à environ un tiers de leur longueur antérieure. Parmi les changements décrits par NPR : - Le DOE a supprimé les références explicites au principe de protection contre les rayonnements connu sous le nom de « As Low As Reasonably Achievable » ou ALARA. En réponse à NPR, le DOE a déclaré que les normes sous-jacentes ALARA n'avaient pas changé malgré la suppression des références. - Les directives mises à jour ont abandonné l'exigence de désigner un « ingénieur système responsable » pour chaque système de sécurité critique, un rôle de responsabilité destiné à assurer qu'un seul ingénieur maintienne une connaissance approfondie des systèmes dont la défaillance pourrait contribuer à des accidents graves. Le DOE a dit à NPR que l'exigence était un fardeau inutile et qu'il utilise d'autres processus pour assurer la sécurité. - Le DOE a également supprimé l'exigence d'utiliser la « meilleure technologie disponible » pour protéger les approvisionnements en eau des rejets radioactifs. Les réductions les plus spectaculaires, selon NPR, concernaient les directives sur les sauvegardes et la sécurité. NPR a indiqué que plusieurs directives de sécurité totalisant plus de 500 pages ont été consolidées en une ordre de 23 pages, supprimant des dispositions détaillées sur des sujets tels que la formation aux armes à feu, les exercices d'urgence, les limites d'heures de travail des agents de sécurité et les spécifications des barrières physiques protégeant le matériel nucléaire. NPR a également rapporté que les ordres révisés ont réduit les exigences de tenue de registres et augmenté le niveau d'exposition aux rayonnements qu'un travailleur peut recevoir avant qu'une enquête officielle sur un accident ne soit déclenchée. Les changements ont suscité des critiques de la part d'experts externes interrogés par NPR. Christopher Hanson, qui a présidé la Commission de Régulation Nucléaire (NRC) de 2021 à 2025 avant d'être licencié par Trump, a dit à NPR que relâcher les normes de sécurité et de sûreté nucléaire sans visibilité publique est peu susceptible de bâtir la confiance publique dont l'industrie a besoin. Edwin Lyman, directeur de la sûreté de l'énergie nucléaire à l'Union of Concerned Scientists, a dit à NPR qu'il estimait que les révisions affaiblissaient la surveillance qui a aidé à prévenir un accident nucléaire majeur aux États-Unis comme Three Mile Island. Le DOE, répondant à NPR, a déclaré qu'il n'avait pas supprimé de exigences significatives pour la sécurité et a qualifié les révisions de « simplification conviviale ». Le DOE a également dit qu'il prévoyait de publier les directives mises à jour publiquement plus tard en 2026. Le programme pilote vise des conceptions de réacteurs avancés que le DOE peut autoriser sous ses propres autorités, plutôt que par le processus de licence publique de la NRC. L'ordre exécutif axé sur la sécurité nationale de mai 2025 a cité le besoin d'énergie fiable et à haute densité pour la défense et l'infrastructure de calcul avancée, y compris l'intelligence artificielle. L'intérêt du secteur privé pour les réacteurs avancés est en hausse, y compris de la part d'entreprises technologiques cherchant une énergie ferme et continue pour les centres de données. NPR a rapporté que des entreprises comme Amazon, Google et Meta ont publiquement pointé vers l'énergie nucléaire, y compris les concepts de réacteurs modulaires petits, comme source d'énergie potentielle à long terme pour la demande liée à l'IA, et noté qu'Amazon et Google sont des soutiens financiers de NPR.