Le président Trump a signé une série d’ordres exécutifs et prépare une nouvelle initiative pour accélérer le déploiement de réacteurs nucléaires avancés, des mesures qui déplace le pouvoir de la Commission de régulation nucléaire vers la Maison Blanche et d’autres agences. Les partisans de l’industrie y voient une chance de relancer le nucléaire, tandis que les critiques mettent en garde contre une érosion de l’indépendance de la NRC et un raccourcissement des délais qui pourraient compromettre la sécurité.
Ces derniers mois, le président Trump a intensifié ses efforts pour remodeler la régulation nucléaire et promouvoir de nouvelles technologies de réacteurs, selon des reportages de NPR. Un ordre exécutif signé au printemps a ordonné des réformes massives à la Commission de régulation nucléaire (NRC), appelant à une refonte complète des réglementations de sécurité, des réductions d’effectifs et une réexamination de certains standards de sécurité radiologique, en coordination avec les bureaux de la Maison Blanche.
NPR a également rapporté que l’administration Trump a renforcé son contrôle sur la NRC en exigeant que les nouvelles règles de sécurité nucléaire soient examinées par le Bureau de gestion et du budget de la Maison Blanche et en accordant à l’administration le pouvoir de les modifier. L’ancienne présidente de la NRC, Allison Macfarlane, a déclaré à NPR que cette implication accrue de la Maison Blanche marquait un départ majeur par rapport à l’indépendance traditionnelle de l’agence.
L’administration a présenté ces étapes comme faisant partie d’un effort plus large pour renforcer l’industrie nucléaire américaine, confrontée à des réacteurs vieillissants, à la concurrence du gaz naturel et des renouvelables moins chers, et à une demande croissante d’électricité des centres de données et d’autres infrastructures technologiques. Les dirigeants de l’industrie ont publiquement accueilli le focus de Trump sur le nucléaire, le voyant comme une voie vers de nouveaux investissements et des approbations plus rapides pour des réacteurs promettant des coûts plus bas et, dans certains cas, des caractéristiques de sécurité améliorées par rapport aux centrales conventionnelles.
Parallèlement, plusieurs experts et observateurs interrogés par NPR mettent en garde que la combinaison de pressions politiques, d’efforts pour simplifier les règles et de coupes à la NRC pourrait éroder le cadre de sécurité vieux de décennies qui régit le nucléaire aux États-Unis. Ils soulignent que la NRC a été créée par le Congrès en 1974 comme régulateur indépendant en réponse à des préoccupations sur les risques de radiation, et qu’elle est longtemps considérée comme une référence mondiale en matière de surveillance nucléaire.
Edwin Lyman, directeur de la sécurité nucléaire à l’Union of Concerned Scientists, a critiqué la campagne plus large visant à affaiblir l’indépendance de la NRC, déclarant à NPR que les récents mouvements pourraient avoir de graves implications pour la sécurité nucléaire si les intérêts financiers et politiques l’emportent sur le jugement technique. Macfarlane a également averti que l’examen par la Maison Blanche des règles de la NRC « n’est pas normal » pour une agence conçue pour opérer à distance de l’influence politique quotidienne.
Les partisans de l’approche de l’administration soutiennent que des réformes sont nécessaires pour moderniser une agence jugée trop lente et conservatrice, et affirment que les conceptions de réacteurs avancés et les nouveaux projets resteront soumis à une surveillance fédérale. Ils estiment que des réglementations actualisées et une coordination plus étroite avec d’autres parties du gouvernement pourraient aider les États-Unis à rivaliser avec la Russie et la Chine en matière de technologie nucléaire de nouvelle génération.
Les critiques répliquent que même les réacteurs expérimentaux ou prototypes peuvent présenter des risques significatifs si les examens de sécurité sont raccourcis ou précipités. Ils craignent que reconfigurer l’équilibre des pouvoirs entre la Maison Blanche et la NRC, notamment via des ordres exécutifs et des changements de règles en coulisses, rende plus difficile pour les régulateurs de résister aux pressions des entreprises ou des nommés politiques en cas de dépassements de coûts, de retards ou de problèmes techniques imprévus.
Le débat sur l’agenda nucléaire de Trump se déroule parallèlement à des reculs environnementaux et énergétiques plus larges. L’administration a proposé d’éliminer les limites de pollution climatique pour les centrales à combustibles fossiles et d’affaiblir d’autres règles antipollution, des mesures que les groupes environnementaux disent augmenter les risques sanitaires et éloigner le pays de ses objectifs climatiques. Pour le nucléaire, disent les experts, la question centrale est de savoir si les efforts pour accélérer les nouveaux réacteurs peuvent être conciliés avec la préservation de la surveillance rigoureuse et indépendante qui sous-tend le bilan de sécurité de l’industrie américaine.