L’administration Trump fait la promotion d’un projet de plan de paix à 28 points pour mettre fin à la guerre en Ukraine qui exigerait de Kiev de renoncer à l’adhésion à l’OTAN et d’accepter d’importantes concessions territoriales à la Russie. La proposition, que les responsables américains présentent comme un cadre négociable plutôt qu’une offre finale, a provoqué la colère en Ukraine et l’inquiétude parmi les alliés européens, qui mettent en garde contre le fait qu’elle pourrait laisser le pays vulnérable même si elle offre un financement massif de reconstruction et la fin des hostilités actives.
Le 24 novembre 2025, des hauts responsables américains défendaient encore un projet de plan de paix à 28 points visant à résoudre la guerre en Ukraine, le présentant comme la tentative la plus détaillée de Washington à ce jour pour mettre fin au conflit par des négociations.
Selon des reportages de médias tels qu’Axios, NBC News et Reuters, le projet a été élaboré avec l’approbation du président Donald Trump et transmis à la fois à Kiev et à Moscou en novembre. Les comptes rendus médiatiques et un résumé du document le décrivent comme un cadre large couvrant le territoire, les garanties de sécurité, les futurs arrangements de l’OTAN et les liens économiques entre la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et l’Europe.
Les rapports publics indiquent que le plan exigerait des concessions importantes de l’Ukraine. Selon des versions du projet décrites par plusieurs organisations de presse et esquissées dans un résumé largement cité des 28 points, l’Ukraine s’engagerait à graver dans sa constitution qu’elle ne rejoindra pas l’OTAN et à accepter un plafond d’environ 600 000 hommes pour ses forces armées. La proposition appelle également à une interdiction des troupes et bases étrangères sur le territoire ukrainien et interdirait à l’OTAN de stationner des forces dans le pays, tout en offrant des assurances de sécurité conditionnelles selon lesquelles une future attaque russe déclencherait une réponse militaire coordonnée des États-Unis et des alliés européens.
Sur le plan territorial, des reportages de CBS News et d’autres médias indiquent que le projet prévoit que l’Ukraine cède le contrôle de la Crimée et de l’ensemble de la région du Donbass à la Russie, tout en gelant les lignes de front dans des parties de Kherson et de Zaporijjia. Un résumé détaillé du plan précise en outre que les zones de la province de Donetsk actuellement contrôlées par Kiev seraient évacuées par les forces ukrainiennes et transformées en zone tampon démilitarisée, reconnue comme appartenant à la Russie mais sans entrée de troupes russes dans la zone.
Le document comprend également des dispositions sur les sanctions et la réintégration économique. Les résumés du plan décrivent un levé progressif des sanctions occidentales sur Moscou et des étapes pour restaurer le rôle de la Russie dans les forums économiques mondiaux, y compris la réadmission au G8, en échange du respect de l’accord. Le plan envisage un vaste programme de reconstruction pour l’Ukraine, incluant la création d’un Fonds de développement de l’Ukraine et l’utilisation d’actifs russes gelés. Un compte rendu détaillé du projet précise que 100 milliards de dollars d’actifs de la banque centrale russe gelés seraient dirigés vers la reconstruction ukrainienne, en plus d’un financement européen supplémentaire.
Les mesures humanitaires et politiques constituent une autre partie de la proposition. Les reportages sur le projet indiquent qu’il appelle à de larges amnisties de guerre, des échanges de prisonniers sur une base “tous contre tous”, le retour et la réunification des civils y compris les enfants emmenés en Russie, et la relance de la centrale nucléaire de Zaporijjia sous supervision internationale. Le plan prévoit également des élections nationales en Ukraine dans environ 100 jours après la signature d’un accord.
En contrepartie, l’Ukraine obtiendrait un cessez-le-feu et la perspective de mettre fin aux hostilités actives, ainsi qu’un accès à un financement substantiel de reconstruction. Le projet permettrait à Kiev de poursuivre l’adhésion à l’Union européenne et d’obtenir des garanties de sécurité limitées des États-Unis et des partenaires européens, formulées comme des réponses coordonnées et la réimposition de sanctions en cas d’une nouvelle invasion russe. Ces assurances resteraient toutefois en deçà des engagements de défense mutuelle de l’OTAN.
La réaction en Ukraine a été largement négative, selon la couverture des médias ukrainiens et internationaux. Les critiques à Kiev ont qualifié le projet de fortement biaisé en faveur des intérêts russes et équivalent à une pression sur le président Volodymyr Zelenskyy pour accepter ce que certains appellent un chemin vers la “capitulation”. Les responsables ukrainiens ont publiquement rejeté la cession de territoires saisis par la Russie et averti que les contraintes sur l’OTAN et la politique de sécurité à long terme pourraient miner la souveraineté du pays.
Les alliés européens ont également exprimé des réserves. Dans une déclaration commune citée par CBS News, des dirigeants de l’Union européenne et de plusieurs États du G7 et européens ont déclaré que le projet américain contient des “éléments importants” pour un règlement possible mais ont insisté sur le fait qu’il “requiert un travail supplémentaire”. Séparément, les gouvernements européens ont soutenu un texte alternatif qui suit la structure de la proposition américaine mais accorde une plus grande emphase au droit de l’Ukraine de choisir ses propres alliances et insiste pour que tout accord de paix ne légitime pas les territoires pris par la force.
Le président Zelenskyy et ses conseillers ont consulté étroitement des partenaires dont la France et le Royaume-Uni alors que les négociations sur le cadre se poursuivent. Les commentaires publics de Kiev soulignent un dilemme entre sécuriser la fin des combats et préserver ce que les responsables décrivent comme la dignité de l’Ukraine, son intégrité territoriale et sa sécurité à long terme. Des responsables américains, ukrainiens et européens ont signalé que le document de 28 points reste un projet sujet à modification, et que des discussions supplémentaires seront nécessaires pour déterminer si une version quelconque peut servir de base à un accord de paix final.