Des groupes de défense au Canada ont proposé d'étendre l'aide médicale à mourir (MAiD) à certains 'mineurs matures', tandis que des données officielles montrent que ce programme, légal depuis 2016, a représenté 15 343 cas en 2023, soit environ 4,7 % de l'ensemble des décès. Les critiques mettent en garde contre un glissement progressif.
Le Canada a légalisé la MAiD en 2016 pour les adultes de 18 ans et plus dont la mort naturelle était considérée comme raisonnablement prévisible, avec des exigences strictes d'admissibilité et de consentement. En 2021, le Parlement a adopté le projet de loi C-7, qui a supprimé l'exigence que la mort soit raisonnablement prévisible et a créé deux voies de protection tout en maintenant la règle des 18 ans et plus et en excluant temporairement les cas où une maladie mentale est la seule condition sous-jacente. En février 2024, le projet de loi C-62 a reporté toute admissibilité basée uniquement sur une maladie mentale jusqu'au 17 mars 2027. (canada.ca)
Le dernier rapport annuel de Santé Canada indique que 15 343 personnes ont reçu la MAiD en 2023, soit une augmentation de 15,8 % par rapport à 2022 et représentant environ 4,7 % de l'ensemble des décès au Canada. Presque toutes les dispositions ont été administrées par des praticiens ; l'auto-administration a eu lieu dans moins de cinq cas à l'échelle nationale. La plupart des cas (95,9 %) étaient dans le flux « Track 1 » pour ceux dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible. (canada.ca)
Les mineurs ne sont pas admissibles à la MAiD en vertu de la loi actuelle. Cependant, Dying With Dignity Canada (DWDC) a publiquement plaidé pour permettre l'accès à certains « mineurs matures »—définis comme des jeunes capables de moins de 18 ans—avec des garde-fous. La position déclarée de la DWDC est de permettre l'admissibilité à partir de 12 ans, avec un consentement informé des parents ou tuteurs requis pour les âges de 12-15 ans et une consultation obligatoire avec un évaluateur et un parent ou tuteur pour les 16-17 ans. L'organisation souligne qu'il n'existe aucune législation actuelle pour activer cela et affirme que tout cadre futur devrait être limité aux cas où la mort est raisonnablement prévisible. Le Comité spécial mixte fédéral sur la MAiD a de même recommandé que, si cela est un jour permis, l'accès pour les mineurs matures soit restreint à ceux dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible. (dyingwithdignity.ca)
Les partisans de l'extension de l'accès soutiennent que cela s'alignerait sur les pratiques existantes de consentement en santé dans de nombreuses provinces, où les mineurs capables peuvent consentir ou refuser un traitement. Les opposants invoquent des préoccupations morales et de sécurité. Le psychiatre Aaron Kheriaty, du Center for Ethics and Public Policy, a déclaré à The Daily Wire que l'extension de la MAiD aux mineurs reflète une « logique gruesome et implacable », ajoutant que une fois que les médecins sont autorisés à mettre fin à la vie des patients, « il est très difficile d'argumenter qu'il devrait y avoir des limitations ». Ces remarques sont l'opinion de Kheriaty telle que citée par The Daily Wire. (dailywire.com)
Le débat se poursuit également sur la MAiD et les troubles mentaux. Par la loi, les personnes dont la seule condition sous-jacente est une maladie mentale restent inadmissibles jusqu'au 17 mars 2027 au moins. Bien que certains commentateurs affirment que de tels cas se produisent informellement, les tribunaux et les régulateurs ont réitéré l'interdiction actuelle. Un cas largement rapporté en Alberta impliquait une femme de 27 ans approuvée pour la MAiD au milieu d'un litige ; les dossiers judiciaires notaient qu'elle avait un TDAH et un autisme mais ne précisaient pas la base médicale pour l'admissibilité. L'affaire a fait l'objet d'un appel, soulignant la complexité des déterminations d'admissibilité plutôt que d'établir un précédent selon lequel une maladie mentale seule qualifie. (lop.parl.ca)
La terminologie et la méthode comptent également. Au Canada, la MAiD inclut à la fois la mort administrée par un praticien (souvent décrite de manière familière comme l'euthanasie) et la mort auto-administrée (ingestion auto-assistée). En pratique, presque tous les cas canadiens sont administrés par des praticiens, et l'auto-administration reste extrêmement rare. (canada.ca)