La Chambre des représentants et le Sénat ont approuvé vendredi matin une extension à court terme de la section 702 de la Loi sur la surveillance du renseignement étranger (FISA), repoussant l'expiration du programme du 20 avril au 30 avril après l'échec des plans de renouvellement plus longs, en raison de divisions au sein des Républicains de la Chambre. Le président Donald Trump a signé l'extension samedi, préparant ainsi une nouvelle confrontation cruciale avant la nouvelle échéance.
Le Congrès a pris des mesures pour éviter l'expiration de l'une des autorités de surveillance étrangère les plus puissantes du gouvernement en adoptant une extension de 10 jours de la section 702, valable jusqu'au 30 avril.
Le Sénat a validé la mesure vendredi par un vote à voix haute, après que la Chambre l'a approuvée aux premières heures de la journée par consentement unanime, à la suite d'une série chaotique de votes et d'obstacles procéduraux concernant une législation à plus long terme.
Cette solution temporaire intervient après que des propositions concurrentes — une extension dite « propre » soutenue par certains dirigeants républicains et un plan de réautorisation distinct à plus long terme — se sont heurtées à la résistance d'un bloc de républicains à la Chambre et de législateurs exigeant des protections de la vie privée plus strictes pour les Américains dont les communications peuvent être interceptées lorsque le gouvernement cible des étrangers à l'étranger.
La section 702, promulguée en 2008, permet aux agences de renseignement américaines de collecter et d'analyser les communications de personnes non américaines situées à l'étranger sans mandat individuel, y compris lorsque ces cibles communiquent avec des Américains. La controverse centrale au Congrès porte sur ce que les critiques décrivent comme des recherches par « porte dérobée » : les requêtes du gouvernement sur des données collectées via la section 702 en utilisant des identifiants liés à des ressortissants américains.
Les partisans de cette autorité, notamment des responsables du renseignement et de la sécurité nationale, soutiennent que la section 702 est essentielle pour détecter des menaces allant du terrorisme aux cyberattaques. Dans des déclarations publiques, le directeur du FBI, Christopher Wray, a affirmé qu'au premier semestre 2023, 97 % des « rapports techniques bruts » du FBI sur les cyberacteurs provenaient d'informations dérivées de la section 702.
Les responsables soulignent également les réformes internes et la surveillance judiciaire comme preuves d'une meilleure conformité. Un avis déclassifié d'avril 2023 du Tribunal de surveillance du renseignement étranger a révélé que le taux de conformité du FBI avec la norme de requête était supérieur à 98 % après la mise en œuvre de mesures correctives.
Les rapports publics du Bureau du directeur du renseignement national montrent que les « requêtes sur des ressortissants américains » du FBI ont fortement diminué par rapport aux niveaux antérieurs. Le FBI a fait état de 119 383 requêtes de ce type pour l'année civile 2022 et de 57 094 pour 2023.
Les défenseurs des libertés civiles et certains législateurs répliquent que le programme permet toujours, en pratique, un accès sans mandat aux communications des Américains, et ils ont fait pression pour exiger que le gouvernement obtienne un mandat approuvé par un tribunal avant d'effectuer certaines requêtes concernant des informations sur des ressortissants américains.
Le débat s'est croisé avec une législation plus large sur la vie privée au Congrès. Dans une démarche distincte, la Chambre a adopté en 2024 le « Fourth Amendment Is Not For Sale Act », un projet de loi visant à restreindre la capacité du gouvernement à acheter certaines données personnelles sensibles auprès de courtiers en données commerciaux sans mandat.
À l'approche de l'échéance du 30 avril, les chefs du Congrès font face à une pression renouvelée pour convenir de l'opportunité de prolonger la section 702 pour des mois ou des années — et, si tel est le cas, quelles limites imposer à l'accès du FBI et des agences de renseignement aux informations sur les ressortissants américains.