Le gouvernement espagnol et les syndicats UGT et CSIF sont parvenus à un accord pour augmenter les salaires de 3,5 millions d’employés publics de 11 % de 2025 à 2028. Cette hausse, incluant une composante variable liée à l’inflation, vise à récupérer le pouvoir d’achat perdu. CCOO n’a pas encore signé mais devrait se décider prochainement.
Après des négociations commencées le 5 novembre 2025, le gouvernement espagnol et les syndicats UGT et CSIF ont finalisé mercredi un accord salarial pluriannuel. L’augmentation cumulative de 11 % sera échelonnée : 2,5 % rétroactive pour 2025 à compter du 1er janvier, payable dans les paies de décembre ; 1,5 % fixe plus 0,5 % variable en 2026 si l’IPC est égal ou supérieur à 1,5 %, payée rétroactivement au T1 2027 ; 4,5 % en 2027 (ajustable) ; et 2 % en 2028. Avec les effets de glissement sur les compléments, la hausse effective atteint 11,4 %, récupérant 2,9 % de pouvoir d’achat, selon CSIF.
L’accord, qui coûte environ 22 milliards d’euros, apaise les tensions après les mobilisations syndicales et les menaces de grève. UGT l’a approuvé vendredi dernier, tandis que CSIF a rejoint après plus de quatre heures de discussions. CCOO, divisé en interne, reporte sa signature à jeudi. La clé a été la concession de la part variable de 0,5 % pour dépasser le plafond initial de 4 % pour 2025-2026.
Au-delà des salaires, le pacte supprime le taux de remplacement pour les offres d’emploi, raccourcit les processus de sélection à un an, généralise la semaine de 35 heures et réglemente le télétravail dans l’Administration générale de l’État. Les compléments de résidence et d’insularité seront revus en 2026, les effectifs en contact avec le public renforcés, et des améliorations apportées aux permissions, à l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle, et aux mesures contre la violence de genre. Pour la retraite, les retraites partielles seront avancées et l’extension volontaire jusqu’à 72 ans, en attente de législation.
"C’est le meilleur accord possible dans les circonstances politiques actuelles", a déclaré CSIF, notant les améliorations en matière de conditions de travail malgré les blocages budgétaires. Isabel Araque d’UGT l’a qualifié de "grand accord" améliorant la qualité du service public. Une Commission de suivi sera créée dans les 15 jours pour superviser le respect.