Jessie Diggins, la skieuse de fond la plus décorée d'Amérique, aborde ses derniers Jeux olympiques en mettant l'accent sur le plaisir plutôt que sur les résultats. Partant à la retraite après les Jeux de Milano Cortina 2026, elle cache ses médailles pour conserver sa motivation. Son histoire met en lumière une carrière portée par la passion et la défense de la santé mentale.
Jessie Diggins a accumulé un impressionnant palmarès en ski de fond, devenant l'athlète la plus décorée de l'histoire des États-Unis. Ses faits d'armes incluent l'or en sprint par équipes aux JO de Pyeongchang 2018 avec Kikkan Randall, première victoire de l'équipe USA dans la discipline. À Pékin 2022, elle a remporté le bronze en sprint individuel – première médaille individuelle pour une Américaine – et l'argent sur 30 km libre, complétant son tableau olympique. Malgré ces succès, Diggins range ses trois médailles dans de simples sacs en toile, hors de vue chez elle. « C'est pour une raison très précise », a-t-elle expliqué. « Je ne les sors jamais. Elles ne sont pas exposées... C'est parce que je veux me réveiller chaque jour et faire quelque chose qui me rende fière de mon travail acharné. » Cette approche la garde ancrée et l'empêche de se reposer sur ses lauriers avant ses quatrièmes et derniers Jeux. Annoncée en novembre, sa retraite mettra fin à 15 ans de carrière, ses dernières courses étant prévues aux Finales de la Coupe du monde à Lake Placid, New York, fin mars après les JO. Sa passion pour le sport est née dans l'enfance, portée en sac à dos sur le dos de son père lors de sorties à ski le week-end et en regardant d'anciennes cassettes VHS olympiques. Elle idolâtrait la skieuse canadienne Beckie Scott non pour ses victoires, mais pour sa joie rayonnante. « Elle avait le plus grand sourire et c'est pour ça que je l'aimais », se souvient Diggins. Un rituel pré-course avec du glitter biodégradable souligne son accent sur le plaisir. « Mettre du glitter et des paillettes avant une course... c'est un rappel : j'ai la chance de faire ça. J'adore le ski », dit-elle. Un revers inattendu est survenu en octobre lorsqu'elle s'est cassé l'auriculaire du pied contre des meubles, mais elle s'est remise complètement sans modifier sa routine d'entraînement constante. Diggins a fait ses débuts aux JO de Sotchi 2014, terminant septième du relais 4x5 km, et considère chaque édition comme un moment unique. Son plaidoyer pour la santé mentale découle de sa victoire sur un trouble alimentaire, qu'elle voit comme une réponse au stress et au perfectionnisme, traité au The Emily Program. Dans sa déclaration de retraite, elle espère être remembered pour « la joie, le sens du fun sur la neige, les courses le cœur sur la main, la grande vulnérabilité et l'ouverture ».