Six parlementaires démocrates ayant un passé militaire ou en sécurité nationale ont publié une vidéo exhortant les troupes et le personnel de renseignement américain à défendre la Constitution et à refuser les ordres illégaux. Le président Trump a répondu sur Truth Social, qualifiant leurs actions de séditieuses et « punissables de MORT », et amplifiant des publications suggérant qu’ils devraient être pendus, selon NPR et Slate. La Maison Blanche a ensuite déclaré que Trump n’appelait pas littéralement à l’exécution des membres du Congrès.
Six parlementaires démocrates ayant un passé militaire ou en sécurité nationale ont publié une vidéo à la mi-novembre rappelant aux membres des services et aux officiers de renseignement américains leur devoir de refuser les ordres illégaux, un message qui a rapidement suscité la colère du président Donald Trump.
Selon NPR et d’autres médias, les parlementaires sont le sénateur Mark Kelly de l’Arizona, la sénatrice Elissa Slotkin du Michigan, et les représentants Jason Crow du Colorado, Chrissy Houlahan de Pennsylvanie, Chris Deluzio de Pennsylvanie et Maggie Goodlander du New Hampshire, tous ayant une expérience militaire ou de renseignement.
Dans la vidéo d’environ 90 secondes, les parlementaires exhortent les troupes à respecter leur serment envers la Constitution et à ne pas exécuter d’ordres illégaux. NPR rapporte que le message insiste sur le fait que le personnel américain « n’a pas à » ou « ne doit pas » suivre les ordres illégaux, en écho à la formation militaire de longue date sur le droit des conflits armés et le Code uniforme de justice militaire.
Trump a répondu par une série de publications sur Truth Social le 20 novembre, accusant les parlementaires de conduite traîtresse. Dans une publication, citée par PolitiFact, il a écrit qu’il s’agissait de « COMPORTEMENT SÉDITIEUX AU PLUS HAUT NIVEAU » et que ce comportement est « punissable de MORT ! ». Il a également déclaré que « chacun de ces traîtres à notre Pays devrait être ARRÊTÉ ET JUGÉ » et averti que « nous n’aurons plus de Pays » si leurs paroles étaient tolérées.
PolitiFact et Slate rapportent que Trump a ensuite republié des messages Truth Social d’autres utilisateurs appelant à ce que les démocrates soient inculpés ou pendus. Slate a noté que certains des messages republiés suggéraient explicitement de pendre les parlementaires pour trahison.
Sur Fox News, l’allié de Trump et ancien conseiller de la Maison Blanche Stephen Miller a qualifié la vidéo des démocrates de « appel général à la rébellion de la CIA et des forces armées des États-Unis par des parlementaires démocrates », selon la couverture de l’interview.
La rhétorique croissante a suscité des questions lors du point de presse de la Maison Blanche. PolitiFact rapporte que la porte-parole Karoline Leavitt a dit aux journalistes que le président n’appelait pas littéralement à l’exécution des membres du Congrès. Elle a argué au contraire que le message des parlementaires pourrait saper la chaîne de commandement militaire, affirmant que si cette chaîne est rompue, cela peut mener au chaos et mettre des vies en danger.
L’un des parlementaires mis en avant dans la vidéo, le représentant Jason Crow, ancien Ranger de l’armée du Colorado, a dit à NPR qu’il avait reçu des menaces de mort depuis la diffusion des publications de Trump mais qu’il ne se laisserait pas intimider et continuerait à s’exprimer.
La controverse se déroule sur un fond plus large de préoccupations parmi les vétérans et les experts en sécurité nationale quant à la politisation de l’armée. Le reportage de NPR note que les défenseurs des vétérans ont averti pendant des années contre l’implication des forces en service actif dans des conflits partisans et des rôles d’application de la loi intérieure. Ces derniers jours, des groupes de vétérans et d’anciens responsables de la sécurité nationale ont publiquement défendu la vidéo comme une reformulation des obligations légales des membres des services, et non une incitation à la mutinerie.
Le droit et la formation militaire soulignent que les troupes américaines prêtent serment de soutenir et de défendre la Constitution et qu’elles sont tenues de désobéir aux ordres manifestement illégaux. Les experts juridiques interrogés par NPR, PolitiFact et d’autres médias disent que les rappels de ce devoir ne répondent pas à la définition constitutionnelle de trahison, qui se limite à faire la guerre contre les États-Unis ou à apporter aide et confort à ses ennemis. De même, disent-ils, la vidéo ne constitue pas clairement une sédition ou une conspiration séditieuse, qui, selon la loi fédérale actuelle, exige des efforts concrets pour renverser ou faire la guerre contre le gouvernement américain, plutôt qu’une déclaration générale sur le refus d’ordres illégaux.
Les historiens et les érudits du droit ont également souligné l’histoire tumultueuse des lois sur la sédition aux États-Unis. La loi sur la sédition de 1798, qui criminalisait les critiques du gouvernement fédéral, a expiré en 1801 et est désormais largement considérée comme un excès violant les principes de liberté d’expression. Les lois modernes sur la sédition et la conspiration séditieuse restent en vigueur mais ont été utilisées avec parcimonie et généralement dans des cas impliquant de la violence ou des complots pour renverser le gouvernement.
Le débat se poursuit sur des scénarios spécifiques dans lesquels des ordres d’utilisation des forces américaines pourraient être illégaux, y compris des déploiements domestiques potentiels ou certains frappes militaires pouvant soulever des questions sous le droit américain ou international. Mais les experts juridiques cités par PolitiFact et le Washington Post disent que le principe central en jeu dans la vidéo des démocrates — que les membres des services doivent refuser les ordres clairement illégaux — est incorporé dans la doctrine militaire américaine depuis les procès de Nuremberg d’après la Seconde Guerre mondiale.