Les États-Unis ont étendu leur blocus maritime sur les navires liés à l'Iran, interceptant des tankers en route vers la Chine et faisant pression sur les approvisionnements énergétiques de Pékin. Les forces américaines ont abordé le pétrolier sous sanctions M/T Tifani dans l'Indo-Pacifique le 21 avril, tandis qu'un autre navire, le Rich Starry, a fait demi-tour au niveau du détroit d'Ormuz. Selon les experts, la Chine parvient à gérer les répercussions à court terme grâce à ses réserves, mais elle fait face à des défis diplomatiques.
Le blocus américain cible la "flotte fantôme" de l'Iran, composée de pétroliers qui dissimulent leur propriété et falsifient des données pour exporter du pétrole malgré les sanctions, en grande partie vers la Chine. La semaine dernière, cette opération s'est étendue à l'échelle mondiale, avec des mesures d'application atteignant pour la première fois l'Indo-Pacifique. Dans la nuit du 21 avril, les forces américaines ont procédé à un droit de visite et à l'abordage du navire apatride M/T Tifani sans incident, comme l'a annoncé le ministère de la Guerre sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, le Rich Starry, sous sanctions, transportant 250 000 barils de méthanol en provenance des Émirats arabes unis et à destination de la Chine, a traversé le détroit d'Ormuz avant de rebrousser chemin vers les eaux iraniennes après avoir été confronté au blocus. Pékin aurait exhorté Téhéran à la retenue concernant le transport maritime et la désescalade, selon Craig Singleton, chercheur principal à la Foundation for Defense of Democracies. M. Singleton a souligné que les perturbations énergétiques immédiates pour la Chine restaient limitées grâce à des réserves stratégiques d'environ 1,39 milliard de barils, couvrant 120 jours d'importations selon les données de Kayrros. Environ 45 % à 50 % du pétrole brut chinois transite par le détroit d'Ormuz, plus de la moitié de ses approvisionnements en pétrole brut et un tiers de son gaz naturel liquéfié (GNL) pour 2025 provenant du Moyen-Orient, dont 12 % seraient issus de sources iraniennes illicites, malgré les démentis officiels. Elizabeth Economy, de la Hoover Institution, a déclaré que Pékin donne la priorité à l'atténuation des risques de récession économique et au maintien de ses liens au Moyen-Orient. Suite aux frappes de l'opération "Epic Fury" menées par les États-Unis et Israël, l'Iran a attaqué ses voisins arabes à l'aide de roquettes et de drones, compliquant les relations de la Chine. Un cessez-le-feu est intervenu le 8 avril, suite à des rumeurs de pressions chinoises sur l'Iran pour favoriser des pourparlers au Pakistan, bien que des experts comme Michael Sobolik, du Hudson Institute, doutent de l'influence réelle de Pékin sur les ambitions nucléaires de Téhéran. Ces tensions précèdent le sommet des 14 et 15 mai entre les présidents Trump et Xi Jinping, principalement axé sur le commerce, sans que cela n'ait pour l'heure causé de déraillement majeur.