Des scientifiques ont utilisé des traces cachées de charbon pour déterminer, pour la première fois, l'âge des peintures préhistoriques de la grotte de Font-de-Gaume, en France. L'analyse révèle qu'une figure de bison a été créée il y a environ 13 000 ans, tandis qu'une image rappelant un masque a été réalisée sur plusieurs périodes s'étalant sur des millénaires.
Les chercheurs ont appliqué la microspectrométrie Raman et l'imagerie hyperspectrale pour identifier du charbon au sein des pigments noirs de deux figures. Auparavant, on pensait que ces pigments étaient uniquement composés d'oxydes de fer et de manganèse, impossibles à dater directement.
De minuscules échantillons prélevés sur le bison ont donné une date comprise entre 13 461 et 13 162 calBP. Les échantillons de la figure ressemblant à un masque ont produit trois plages distinctes : de 15 981 à 15 121 calBP, de 15 297 à 14 246 calBP et de 8 993 à 8 590 calBP.
Les résultats indiquent que la grotte a été visitée et modifiée sur de longs intervalles plutôt qu'en un seul épisode. L'étude, publiée dans PNAS, a été menée par des chercheurs de Chimie ParisTech-PSL et a impliqué plusieurs institutions françaises, dont le CNRS et le Centre de recherche et de restauration des musées de France.
Cette méthode pourrait permettre de dater d'autres œuvres rupestres de la région de la Dordogne jusqu'ici impossibles à dater.