Le gouvernement français a reporté sine die le vote définitif au Parlement sur la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), en raison d'un blocage persistant au sein du camp présidentiel. Cette mesure, introduite par LR et le RN dans le projet de loi de simplification, visait à abolir ces zones créées il y a onze ans pour améliorer la qualité de l'air. Le report, annoncé par le ministre Laurent Panifous le 26 janvier, suit un accord en commission mixte paritaire le 20 janvier, mais l'opposition interne rend l'adoption incertaine.
Les zones à faibles émissions (ZFE) ont été lancées il y a onze ans dans les grandes métropoles françaises pour interdire l'accès aux véhicules les plus polluants et améliorer la qualité de l'air. Ce dispositif, critiqué pour ses contraintes et son impact social sur les ménages modestes, fait l'objet d'un débat houleux au Parlement.
Le projet de loi de simplification de la vie économique prévoyait initialement la suppression totale des ZFE, une mesure introduite par les groupes Les Républicains (LR) et Rassemblement National (RN). Une commission mixte paritaire (CMP) a voté cette suppression le 20 janvier 2026, ouvrant la voie à un scrutin solennel à l'Assemblée nationale le 27 janvier, puis au Sénat le 29 janvier.
Cependant, des divisions au sein du camp présidentiel, embarrassé par cette remise en cause d'une politique phare du quinquennat Macron, ont conduit à un blocage. Le ministre des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a annoncé le 26 janvier le report sine die du vote, justifiant cette décision par la nécessité de trouver un compromis pour éviter un échec du texte. « Plutôt que d'envoyer un texte au casse-pipe à l'Assemblée nationale », a-t-il déclaré sur LCP.
Les opposants aux ZFE, comme l'écrivain Alexandre Jardin à la tête du mouvement « Les #Gueux », saluent cette mesure comme une victoire contre une « écologie punitive ». Adeline, une conductrice francilienne au volant d'une voiture de plus de 20 ans, exprime la confusion des automobilistes : « On ne sait plus si on va pouvoir garder sa vieille voiture, s’il faut la revendre pour continuer à rouler. On s’y perd. C’est n’importe quoi ! »
Les défenseurs des ZFE soulignent leur rôle dans la réduction de la pollution, citant des chiffres comme 48 000 morts prématurés par an, bien que contestés. Un sondage Odoxa pour Le Figaro révèle que les Français approuvent majoritairement la suppression, craignant un mouvement de colère similaire aux Gilets jaunes si les ZFE étaient maintenues. Le gouvernement tente désormais une contre-attaque, avec des réunions impliquant experts en santé publique et élus locaux pour défendre la qualité de l'air.