Le nouveau livre de Johanna Bell, Department of the Vanishing, mêle poésie et éléments d'archives pour explorer le déclin environnemental et le deuil personnel dans un avenir marqué par des extinctions massives d'oiseaux. Se déroulant en 2029, l'histoire suit une archiviste dédiée à la préservation des registres d'espèces disparues. L'œuvre s'inspire de thèmes de crise climatique, défiant les normes littéraires comme le discute Amitav Ghosh.
Johanna Bell, lauréate du Tasmanian Literary Award, a publié Department of the Vanishing, édité par Transit Lounge Publishing pour 34,99 $. Décrit comme un roman en vers dans l'esprit de The Monkey’s Mask de Dorothy Porter, il innove la littérature éco-australienne par un mélange de poésie documentaire, de vers narratifs, d'images d'archives, de photographies en noir et blanc, de transcriptions expurgées et de gros titres de journaux. Le récit se concentre sur Ava, une archiviste de 43 ans en 2029 au Department of the Vanishing. Elle reconstruit méticuleusement des espèces aviaires perdues à partir de fragments de données scientifiques, de microfiches et de cassettes. Les slogans du département, tels que « Never Say Die ! » et « Vanishing is our name but preservation is our game ! », contrastent avec la dévastation environnementale de l'époque. Avant l'Anthropocène, note la source, « l'air vibrait de chants d'oiseaux », en écho à une citation de D.H. Lawrence : « Au commencement, ce n'était pas une parole mais un piaillement. » L'Anthropocène, forgé en 2000 pour signifier l'« Âge des Humains » au milieu du changement climatique, de la perte d'habitats et de la pollution, cadre un monde de destruction majeure. Bien que rejeté comme terme géologique en 2024, il reste utilisé. Dans l'histoire de Bell, des milliers d'espèces d'oiseaux ont disparu en raison d'incendies de brousse, de pesticides, de chats sauvages, de parasites et d'impacts climatiques, laissant un silence inquiétant. Des nécrologies pour des oiseaux comme les pies, les albatros, les pélicans, les huîtriers pies, les mangeurs de miel à joues blanches, les mouettes argentées et les rosellas écarlates soulignent cette perte. S'inspirant de la critique d'Amitav Ghosh en 2016 dans The Great Derangement, Bell aborde la manière dont la fiction littéraire a négligé les crises climatiques, reléguant de telles histoires à des genres comme la fantasy et la science-fiction. Les contributions australiennes incluent des œuvres de Robbie Arnott, James Bradley, Inga Simpson, Madeleine Watts, Tim Winton et Charlotte Wood. Au-delà de l'écologie, le livre explore le deuil personnel d'Ava pour la mort de son père dans l'enfance, au milieu d'une relation tendue avec son amant Luke et de sa mère mourante. Bell agit à la fois comme auteure et détective, invitant les lecteurs à assembler les indices dans cette narration non conventionnelle. Le résultat est une exploration enrichissante du deuil collectif et individuel dans un monde dégradé.