Une équipe de recherche internationale a identifié le gène humain SLC35F2 comme étant le transporteur responsable de l'absorption cellulaire des micronutriments queuine et queuosine, des composés issus de l'alimentation et des bactéries intestinales. Ces travaux, publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, apportent une réponse à une question restée longtemps en suspens sur la manière dont ces nutriments liés à l'ARNt pénètrent dans les cellules humaines.
Une équipe internationale dirigée en partie par des scientifiques de l'Université de Floride et du Trinity College Dublin a identifié SLC35F2 comme un gène clé impliqué dans l'apport des micronutriments queuine et queuosine au sein des cellules humaines.
Les chercheurs ont rapporté que la queuosine est un composé apparenté aux vitamines que les humains ne peuvent pas synthétiser et qu'ils obtiennent par le biais de certains aliments et de bactéries intestinales. Ce nutriment est lié à la biologie de l'ARN de transfert (ARNt), et l'équipe précise qu'il influence la façon dont les cellules traduisent l'information génétique en protéines.
Les conclusions ont été publiées dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) sous le titre « The oncogene SLC35F2 is a high-specificity transporter for the micronutrients queuine and queuosine ». Le résumé de ScienceDaily, basé sur des documents de l'Université de Floride, décrit ce résultat comme la résolution d'une question que les chercheurs poursuivaient depuis des décennies : comment la queuosine pénètre-t-elle dans les cellules ?
Valérie de Crécy-Lagard, professeure de microbiologie et de sciences cellulaires à l'Université de Floride et l'une des chercheuses principales de l'étude, a déclaré que les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps l'existence d'un tel transporteur. Elle a également qualifié la queuosine de « nutriment qui ajuste finement la manière dont votre corps lit vos gènes », en référence à son rôle dans les processus affectant la traduction gène-protéine.
L'équipe a précisé que SLC35F2 avait déjà été étudié dans d'autres contextes — notamment sur la manière dont certains virus et médicaments anticancéreux pénètrent dans les cellules — alors que son rôle dans l'absorption normale des nutriments n'était pas clairement établi. Vincent Kelly, professeur au Trinity College Dublin et auteur principal de l'étude, a souligné que les scientifiques ont longtemps associé la queuosine à des processus incluant la santé cérébrale, la régulation métabolique, le cancer et les réponses au stress, mais que le mécanisme de son assimilation à partir de l'intestin et de sa distribution vers les cellules restait flou.
Selon les documents des organismes de recherche, le projet a impliqué des chercheurs de plusieurs institutions, dont l'Université de Floride et le Trinity College Dublin, et a bénéficié du soutien d'organismes de financement tels que les U.S. National Institutes of Health, Research Ireland et le Health and Social Care in Northern Ireland. Les chercheurs estiment que l'identification de ce transporteur pourrait soutenir des travaux ultérieurs sur l'influence de l'alimentation et du microbiome sur la biologie humaine et pourrait contribuer à orienter la recherche thérapeutique future.