La Cour suprême des Philippines a jugé anticonstitutionnelle la plainte d'impeachment contre la vice-présidente Sara Duterte en raison de problèmes de timing. Le juge associé Marvic Leonen a rédigé la décision, déclenchant des débats sur le rôle de la cour dans les procédures d'impeachment. Les critiques soutiennent que cette intervention protège Duterte de la reddition de comptes.
Le 7 février 2026, la Cour suprême a rendu une décision déclarant l'impeachment de la vice-présidente Sara Duterte inconstitutionnel. Rédigée par le juge associé Marvic Leonen, la décision repose sur une subtilité technique : l'impeachment a eu lieu dans l'année suivant un dépôt précédent contre elle, violant l'exigence constitutionnelle d'un intervalle d'au moins un an. La décision expose également des règles pour les procédures d'impeachment, indiquant au Congrès comment les mener et suggérant qu'elles préviendraient les abus. Cependant, la méthode de comptage de la Cour reste débattue, la question centrale étant si l'impeachment relève de la compétence judiciaire. Ce jugement fait écho à la destitution en 2018 de l'ancienne présidente de la Cour suprême Maria Lourdes Sereno, qualifiée par Leonen d'« abomination juridique » pour avoir contourné le processus formel d'impeachment. Nommée par l'ancien président Benigno Aquino III, Sereno a été écartée par la Cour pour ne pas avoir déposé de Déclarations d'Actifs, Passifs et Patrimoine Net (SALN) de son époque de professeure de droit. Leonen, également nommé par Aquino, a émis un avis dissident lors de sa destitution mais a participé aux procédures. Dans le cas de Duterte, la décision est vue comme un sauvetage bénéficiant à la fois à elle et au Sénat, qui a retardé son procès de près de six mois au milieu de manifestations publiques. La Chambre des représentants prévoit de redéposer la plainte, mais le Sénat, sous nouvelle direction après les élections de mi-mandat, montre de la réticence et promeut plutôt des initiatives de Changement de Charte (Cha-Cha). Cela soulève des préoccupations quant à la séparation des pouvoirs entre le Congrès et le judiciaire.