Les scientifiques utilisent des tests d’ADN pour identifier les sources végétales du miel, détecter les adulterations et révéler les pathogènes des ruches. Cette méthode permet de distinguer le miel pur local des produits importés ou contaminés par du sirop. Les avancées en séquençage génétique rendent ces détections plus précises et accessibles.
Jay Evans, du USDA Beltsville Bee Lab, explore comment les empreintes ADN dans le miel fournissent des insights au-delà des seules origines végétales. Ces traces peuvent identifier les races d’abeilles, les pathogènes, les parasites et même des traces de visiteurs de ruches ou de récolteurs. Combinée à des tests chimiques pour les pesticides et additifs, l’analyse d’ADN renforce les efforts contre la fraude au miel. Lors de la réunion de l’American Beekeeping Federation en 2026, l’apiculteur allemand Bernhard Heuvel a présenté la détection de fraudes via des collaborations scientifiques européennes. Son travail met en lumière une course aux armements continue entre fraudeurs et enquêteurs, où les méthodes chimiques sont de plus en plus contournées, mais l’ADN offre une approche plus robuste. L’identification traditionnelle du pollen par microscopie a des limites, mais le codage-barres ADN cible des gènes végétaux spécifiques pour un approvisionnement précis. Une étude britannique de 2025 par Sophie Dodd et collègues a utilisé cela pour détecter l’adultération au sirop de maïs et de riz à 1 % dans le miel. L’ADN du riz, absent de la flore britannique, indiquait clairement un mélange avec des sirops étrangers. Le séquençage ADN shotgun examine tout le matériel génétique dans le miel, surmontant les biais des tests à gène unique. Une étude italienne de 2018 par Samuele Bovo et son équipe a confirmé les sources végétales étiquetées et identifié des pathogènes des abeilles comme les virus et les teignes de la cire. Plus récemment, Priit Paluoja et collègues ont analysé près de 400 miels estoniens en 2025, vérifiant la diversité végétale pour le traçage géographique et détectant les bactéries de la loque américaine, surtout dans les colonies malades. La méthode n’a montré aucun petit coléoptère de ruche dans les échantillons estoniens mais des traces dans les miels américains, aidant à surveiller les ravageurs invasifs. Alors que les coûts de séquençage baissent et que les outils informatiques s’améliorent, ces techniques promettent une meilleure protection pour le miel authentique et une compréhension plus profonde de la santé des abeilles.