Une lettre ouverte publiée à l'occasion de la Journée internationale de l'éducation exhorte les scientifiques sud-africains à interagir activement avec les élèves pour améliorer les notes stagnantes en STEM, malgré un taux de réussite record de 88 % au matric. Le texte met en lumière la baisse des performances en mathématiques et en physique et appelle à une plus grande visibilité et à des récits inspirants pour motiver les futurs innovateurs.
Le système éducatif sud-africain a franchi une étape importante avec un taux de réussite de 88 % au matric en 2025, le plus élevé de l'histoire. Cependant, les matières STEM racontent une autre histoire : les taux de réussite en mathématiques sont passés de 69 % à 64 %, tandis que ceux en physique ont oscillé autour de 77 %, en hausse d'à peine 1 %. La ministre de l'Éducation de base, Siviwe Gwarube, a souligné que seuls 42 % des enfants de quatre à cinq ans étaient sur la bonne voie en numératie précoce. Les données mondiales de TIMSS ont révélé une forte baisse des scores en mathématiques à l'école primaire, plaçant le pays en dessous de la moitié des nations enquêtées. Ces tendances, relevées dans la lettre ouverte de Robert Inglis, cofondateur de l'initiative Science Spaza, entravent l'innovation et la croissance économique, rappelant les barrières à l'éducation mathématique de l'ère de l'apartheid. Vijay Reddy, du Human Sciences Research Council, a insisté sur le fait que ces lacunes affectent la préparation de l'Afrique du Sud à des défis comme l'IA, le changement climatique, l'énergie et le développement durable. La lettre, publiée à l'occasion de la Journée internationale de l'éducation, argue que, au-delà du financement et des ressources, les scientifiques doivent inspirer les élèves par leur présence et des histoires accessibles. Elle cite des succès comme la victoire de quatre jeunes Sud-Africains remportant des Grand Awards à l'Olympiade mondiale des projets scientifiques innovants en décembre à Bali, et la professeure Lynne Shannon de l'UCT devenant la première lauréate du Global South du Prince Albert Grand Medal for Ocean Science en 2025. Le programme Science Spaza, actif depuis 11 ans dans plus de 120 clubs, distribue des supports engageants sur des scientifiques africains aux 12-18 ans, entraînant des améliorations des notes et des opportunités professionnelles. Une participante, Goratileone Oepeng, a lancé un club, remporté une épreuve de FameLab, et poursuit désormais un master en entomologie tout en plaidant pour les abeilles à la Oppenheimer Research Conference. Inglis encourage les scientifiques à partager leurs parcours dans les écoles ou les médias, pour cultiver l'identité et la passion en STEM et nourrir le talent africain.