L'effondrement de l'AMOC pourrait libérer 640 milliards de tonnes de CO2

Une nouvelle étude avertit qu'un arrêt de la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC) déclencherait la libération de près de 640 milliards de tonnes de dioxyde de carbone provenant des profondeurs de l'océan Austral, près de l'Antarctique. Cet effet de rétroaction pourrait augmenter les températures mondiales de 0,2 °C supplémentaires. Les chercheurs de l'Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam soulignent ce risque alors que les émissions humaines continuent d'affaiblir ce courant océanique essentiel.

Le réchauffement climatique a déjà ralenti l'AMOC d'environ 15 %, selon des mesures effectuées par des bouées. Ce système, qui inclut le Gulf Stream, transporte des eaux chaudes et salées du golfe du Mexique vers le nord, où elles se refroidissent, plongent et retournent vers le sud le long des fonds marins. L'eau douce provenant de la fonte de la calotte glaciaire du Groenland dilue ces eaux, entravant le processus de plongée et risquant de provoquer un effondrement complet d'ici quelques décennies ou siècles, selon les projections des modèles. Aux niveaux actuels de CO2 de 430 parties par million, tout arrêt serait irréversible, conclut l'étude, car les concentrations supérieures à 350 ppm empêchent tout rétablissement dans les simulations. Les travaux, publiés dans Nature Communications Earth & Environment, modélisent des scénarios où l'effondrement de l'AMOC perturbe le tapis roulant océanique mondial, s'étendant jusqu'aux océans Austral et Pacifique. Cela déclencherait une convection près de l'Antarctique, mélangeant les eaux profondes riches en carbone — accumulé par l'absorption atmosphérique passée et le naufrage du plancton — vers la surface. Da Nian, qui a dirigé l'étude à l'Institut de Potsdam, a déclaré : « L'effondrement de l'AMOC pourrait déclencher un brassage important dans l'océan Austral et libérer le carbone stocké dans les eaux profondes. » Le co-auteur Johan Rockström a ajouté : « Le message clé est qu'un événement très grave… pourrait avoir des implications encore pires que ce que nous pensions auparavant. » Les impacts incluraient un refroidissement des températures arctiques de 7 °C, gelant certaines parties du Canada, de la Scandinavie et de la Russie, tout en réchauffant l'Antarctique de 6 °C et en menaçant la calotte glaciaire de l'Antarctique oriental. Le rejet de CO2 se produirait sur 1 000 ans ou plus, mais Rockström avertit que les émissions pourraient rendre l'effondrement inévitable d'ici 25 à 50 ans. « C'est littéralement maintenant », a-t-il déclaré. Jonathan Baker, du Met Office britannique, a qualifié ces conclusions de saisissantes, tout en notant une incertitude concernant la convection dans l'océan Austral selon les différents modèles.

Articles connexes

De nouveaux modèles climatiques indiquent que la circulation méridienne de renversement atlantique pourrait s'affaiblir régulièrement en raison de la fonte des glaces au Groenland, mais pourrait se rétablir si les niveaux de dioxyde de carbone atmosphérique diminuaient.

Rapporté par l'IA

De nouvelles recherches montrent que les efforts visant à réduire la pollution atmosphérique en Europe, en Amérique du Nord et en Asie de l'Est pourraient accélérer l'affaiblissement de la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC). Ce courant océanique joue un rôle clé dans la régulation du climat européen. Les scientifiques ont utilisé plusieurs modèles climatiques pour évaluer l'impact en cas de maintien d'émissions élevées de gaz à effet de serre.

Une nouvelle étude indique que des prévisions fiables concernant la perte de glace en Antarctique sont possibles jusqu'au milieu du siècle. Cette fenêtre pourrait laisser aux gouvernements le temps de se préparer à l'élévation du niveau de la mer avant que l'incertitude ne s'accentue fortement plus tard dans le siècle.

Rapporté par l'IA

Une expérience de 37 ans menée à la forêt d'Harvard a démontré que la hausse des températures peut déstabiliser du carbone que l'on pensait être stocké en toute sécurité dans les sols forestiers. Les résultats indiquent que des microbes décomposent ces réserves stables, libérant ainsi du dioxyde de carbone supplémentaire dans l'atmosphère.

Ce site utilise des cookies

Nous utilisons des cookies pour l'analyse afin d'améliorer notre site. Lisez notre politique de confidentialité pour plus d'informations.
Refuser