La Cour suprême des États-Unis a statué à l'unanimité que le gouvernement fédéral ne peut pas interdire automatiquement la possession d'armes à feu à une personne au seul motif qu'elle consomme de la marijuana, jugeant que l'interdiction prévue par l'article 922(g)(3) du titre 18 du Code des États-Unis est inconstitutionnelle si elle est appliquée sans démontrer que la consommation de drogues de l'individu le rend dangereux. Le juge Neil Gorsuch a rédigé l'opinion dans l'affaire United States c. Hemani.
La décision, rendue le 18 juin, limite la manière dont l'interdiction fédérale de possession d'armes à feu par des "consommateurs illégaux ou dépendants de toute substance contrôlée" peut être appliquée aux personnes utilisant de la marijuana. La Cour a rejeté la position du gouvernement selon laquelle le statut désarme catégoriquement quiconque est considéré comme un "consommateur illégal", indépendamment du type ou de la quantité de drogue consommée, ou du fait que la personne ait montré des signes de violence ou d'autres comportements dangereux.
Ali Danial Hemani, un habitant du Texas, a été poursuivi en vertu de cette loi après avoir déclaré aux enquêteurs qu'il consommait fréquemment de la marijuana et qu'il gardait une arme à feu chez lui. La Cour suprême a estimé qu'appliquer la loi à son encontre, sans preuve que sa consommation de drogue le rendait dangereux, violait le deuxième amendement.
Cette décision s'inscrit dans la trajectoire récente de la Cour concernant le deuxième amendement, après son arrêt de 2022 dans l'affaire New York State Rifle & Pistol Association c. Bruen, qui exige que les réglementations sur les armes à feu soient conformes à la tradition historique de régulation des armes à feu du pays. Dans l'affaire Hemani, les juges ont souligné que "les drogues et les armes à feu peuvent parfois constituer un mélange dangereux", mais ont précisé que ce risque seul ne permet pas au gouvernement de présumer que tous les consommateurs de marijuana sont violents ou dangereux.
L'opinion laisse ouverte la question de savoir comment l'article 922(g)(3) peut être appliqué dans d'autres circonstances, notamment dans des cas impliquant d'autres substances ou des preuves plus solides de comportements dangereux. Elle ne change pas non plus le fait que la marijuana demeure illégale en vertu du droit fédéral, même là où les États autorisent son usage médical ou récréatif.