Un essai contrôlé par placebo a montré qu'une seule dose de psilocybine, l'ingrédient actif des champignons magiques, entraîne des réductions rapides et durables des symptômes du trouble obsessionnel-compulsif chez des patients résistants au traitement. Les effets ont persisté pendant au moins 12 semaines chez les participants qui n'avaient pas répondu aux thérapies conventionnelles. Les chercheurs soulignent le potentiel de ce psychédélique pour le traitement de la santé mentale, bien que des études plus larges soient nécessaires.
Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) touche 1 à 3 % des personnes et implique des pensées obsessionnelles et des habitudes compulsives qui peuvent submerger la vie quotidienne. Les traitements standards, tels que les thérapies par la parole et les antidépresseurs, échouent à aider entre 40 et 60 % des patients. nnDans le premier essai randomisé contrôlé par placebo de psilocybine pour le TOC, Christopher Pittenger de l'École de médecine de Yale et ses collègues ont recruté 28 adultes qui souffraient de cette affection en moyenne depuis deux décennies et qui avaient essayé au moins deux traitements antérieurs sans succès. Les symptômes des participants ont été évalués à l'aide d'une échelle standard notée de 0 à 40. Ils ont été assignés au hasard pour recevoir soit une seule dose orale de psilocybine à 0,25 milligramme par kilogramme de poids corporel soit 250 milligrammes de niacine comme placebo. nnLa dose de psilocybine a induit une expérience psychédélique, impliquant des changements dans la perception, les pensées et les émotions. Dans les 48 heures, les 14 participants qui ont reçu de la psilocybine ont vu leur score de symptômes chuter en moyenne de 9,76 points, tandis que le groupe niacine n'a montré aucun changement significatif. Une semaine plus tard, environ 70 % du groupe psilocybine maintenaient une réduction d'environ 35 % des symptômes, les bénéfices étant encore évidents au suivi de 12 semaines. nn« La rapidité et la durabilité de l'amélioration observée après une seule dose de psilocybine sont remarquables », déclare Alex Kwan de l'Université Cornell à Ithaca, New York. David Nutt de l'Imperial College London, qui n'a pas participé à l'étude, note : « C'est définitivement mieux et plus rapide que les autres médicaments pour le TOC. » nnLa psilocybine pourrait améliorer la plasticité cérébrale, rendant les pensées rigides moins dominantes, ou recalibrer les réseaux cérébraux impliqués dans la rumination. Cependant, le mécanisme exact reste incertain. L'essai a rapporté un participant avec des pensées suicidaires préexistantes qui a brièvement planifié une automutilation, soulignant la nécessité de mesures de sécurité cliniques. Le double insu a été un défi, car la plupart des participants pouvaient identifier le médicament actif malgré les efforts pour imiter les effets avec la niacine. Des essais plus larges sont nécessaires pour confirmer l'efficacité, le dosage optimal et les profils de sécurité. nnCette recherche s'appuie sur les promesses de la psilocybine pour des affections comme la dépression, mais les experts insistent sur la prudence dans son application médicale.”,