Une cour d'appel fédérale a statué vendredi que la proclamation du président Donald Trump qualifiant la migration à la frontière entre les États-Unis et le Mexique d'« invasion », et utilisant ce constat pour suspendre l'accès à l'asile, excède l'autorité accordée par le Congrès dans le cadre de la loi sur l'immigration. Cette décision de la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia pourrait contraindre le gouvernement à reprendre le traitement des demandes d'asile à la frontière, bien que l'administration ait indiqué qu'elle prévoyait de demander un réexamen de l'affaire.
Un panel de trois juges de la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia a déclaré que la loi sur l'immigration et la nationalité (Immigration and Nationality Act) confère aux non-citoyens le droit de demander l'asile lorsqu'ils sont physiquement présents aux États-Unis, y compris à la frontière, et ne permet pas au président de remplacer le cadre établi par le Congrès par des « procédures de sa propre invention ».
La décision découle d'une proclamation émise par Trump le 20 janvier 2025, jour de son investiture, déclarant que la situation à la frontière sud constitue une « invasion » et ordonnant aux autorités de suspendre la possibilité pour les migrants de demander l'asile jusqu'à ce qu'il détermine que l'invasion a pris fin.
Dans une brève déclaration relayée par The Daily Wire, le média a indiqué que l'administration Trump devrait faire appel, ce qui pourrait retarder les changements sur le terrain.
Divers communiqués et analyses du gouvernement ont rapporté que les franchissements illégaux de la frontière et les interpellations par la patrouille frontalière ont chuté brutalement après le retour de Trump au pouvoir en janvier 2025. Une annonce du département de la Sécurité intérieure en juillet 2025, par exemple, indiquait que la patrouille frontalière avait enregistré 8 039 interpellations à l'échelle nationale au cours d'une période de référence récente, qualifiant ce chiffre de niveau historiquement bas.
La décision de la cour porte sur la légalité de l'utilisation de la proclamation d'« invasion » pour suspendre l'accès à l'asile, et non sur la capacité du gouvernement à poursuivre d'autres mesures d'application de la loi en vertu des statuts existants.